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Juin 2018

Pas de panique suite à la crise italienne

Les turbulences des marchés financiers se sont quelque peu accentuées en mai du fait de la crise politique en Italie.

Les partis populistes semblant se diriger vers de nouvelles élections, menaçant d’ouvrir la voie à une sortie de l’Union européenne. Mais même si un gouvernement a finalement été formé, ce qui a permis d’éviter une crise, les investisseurs doivent s’attendre à de plus fortes fluctuations à court terme. Le président Trump semble en effet toujours miser sur une guerre commerciale avec la Chine, et les taux augmentent progressivement aux Etats-Unis. Cela n'est toutefois pas une raison suffisante pour courir aux abris. L’économie mondiale continue de progresser à un rythme soutenu, et la Banque Centrale Européenne prendra les mesures nécessaires pour ne pas mettre en péril la relance économique.  
Actions, obligations et liquidités en équilibre 


Source: Pictet Asset Management    

Les actions méritent une pondération neutre, mais il existe des différences prononcées entre les différents secteurs et régions. Les actions américaines sont relativement chères, et il y a de plus en plus de raisons de penser que les bénéfices des entreprises américaines augmentent moins rapidement que prévu. Au lieu d’une hausse moyenne des bénéfices de 22%, une progression de 18% semble désormais plus probable. L’augmentation relativement rapide des bénéfices aux Etats-Unis s'explique en partie par la faiblesse du dollar (ligne bleue du graphique ci-dessous). La conversion en billets verts augmente la valeur des bénéfices réalisés par les entreprises américaines à l’étranger.

Les actions européennes et japonaises affichent quant à elles des valorisations relativement intéressantes. A cela s'ajoute le fait que les entreprises de ces régions ont le vent en poupe grâce aux taux bas et à la politique de stimulation de leurs banques centrales. Au niveau sectoriel, il nous paraîtrait raisonnable de remplacer certaines actions cycliques par des entreprises plus défensives. La valorisation des secteurs cycliques est en effet actuellement de 22% plus élevée que celle des secteurs défensifs. Il s'agit presque d’un niveau record, et cette différence s’avère nettement supérieure à la prime de 10% généralement observée dans le passé. Cela incite entre autres à réduire légèrement la pondération des financières telles que les banques et les compagnies d’assurance.
Fluctuation dollar/euro depuis janvier de l'an passé


barometer chart currencies

Source: Thomson Reuters Datastream. Données de janvier 2017 à fin mai 2018 

La crise italienne a produit ses effets principalement sur les marchés obligataires. Le rendement des obligations d’Etat italiennes à dix ans (ligne bleue du graphique ci-dessous) s'est ainsi envolé en quelques semaines de moins de 2% à plus de 3%. Cela signifie que les investisseurs exigeaient un taux de rendement nettement plus élevé pour le risque couru avec ces emprunts. De nombreux investisseurs ont d’ailleurs échangé leurs emprunts d’Europe méridionale contre des emprunts allemands relativement sûrs. De ce fait, le taux allemand à 10 ans (ligne grise du graphique ci-dessous) a légèrement reculé. Les détenteurs de ces emprunts bénéficient d’un taux légèrement inférieur à 0,4%. Pour les investisseurs en quête de sécurité, les obligations d’Etat américaines offrant un rendement nettement supérieur (près de 3%) sont plus intéressantes. 
Rendement des obligations d’Etat italiennes et allemandes (à 10 ans)
Market section chart 06.18_FR.png

Source: Thomson Reuters Datastream. Data van 29.05.2013  tot 29.05.2018.