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Chômage et inflation: La FED et la BCE accommodantes

Mars 2019

La croissance de l’économie mondiale ralentit. La Réserve fédérale des États-Unis et la BCE annoncent toutes deux qu’il n’y aura pas de changement immédiat dans la politique monétaire.

D’un côté à l’autre de l’Atlantique. L’économie mondiale, au cœur de bouleversements tels que la guerre commerciale et le Brexit, ralentit sa croissance aux États-Unis et en Europe. Ce n’est pas un hasard si la BCE et la Réserve fédérale (Fed) sont toutes deux très prudentes, surtout au vu des chiffres du chômage et de l’inflation.

États-Unis. En fait, les dernières statistiques américaines sur le travail ne sont que partiellement réconfortantes. Si le chômage a de nouveau reculé par rapport à son niveau le plus bas (de 4% à 3,8%), les nouvelles créations d’emploi de février ont déçu les attentes (20 000 contre les 180 000 attendus), alors que les salaires ont augmenté de 3,4% sur une base annuelle. C’est une bonne nouvelle pour la consommation, mais c’est aussi le symptôme d’une marge d’expansion résiduelle en contraction, avec des effets sur l’inflation. Au cours du même mois de février, l’inflation américaine a recommencé à croître de 0,2% après quatre mois consécutifs de ralentissement, enregistrant une hausse annuelle de 1,5%, c.-à-d. la plus faible depuis septembre 2016. Donc, rien dans les perspectives économiques américaines n’exige une réponse immédiate de la Fed en ce qui concerne les décisions sur les taux d’intérêt, a déclaré le gouverneur Jerome Powell, soulignant la nécessité d’une approche basée sur la «patience». «À l’heure actuelle, un grand nombre d’indicateurs de la vigueur du marché du travail sont plus favorables qu’ils ne l’ont été depuis des décennies. L’inflation sera légèrement inférieure à notre objectif pendant un certain temps en raison de la baisse des prix de l’énergie, mais ces effets s’avéreront transitoires. Malgré ce cadre positif, nous avons observé des vents de face contraires ces derniers mois,» a déclaré Powell, soulignant qu’«il n’y a rien dans les perspectives économiques qui exige une réponse immédiate. En particulier face à de faibles pressions inflationnistes, la Fed a décidé d’adopter une approche basée sur la patience et l’attente et de voir avant d’envisager un changement dans sa politique monétaire.

Europe. Sur le Vieux Continent, le taux de chômage de la zone euro en janvier, dernier chiffre disponible, est resté stable à 7,8% par rapport à décembre 2018, le taux le plus bas depuis octobre 2008. En revanche, dans l’UE des 28, il est descendu à 6,5% contre 6,6% en décembre. Les taux les plus élevés ont été observés en Grèce (18,5%), en Espagne (14,1%) et en Italie (10,5%) et les plus faibles en République tchèque (2,1%) et en Allemagne (3,2%). Le chômage des jeunes est également resté stable en janvier: 16,5% dans la zone euro et 14,9% dans l’UE28. Le taux italien est passé de 32,8% à 33% et reste le deuxième plus élevé après la Grèce (39,1%). En ce qui concerne les prix, Eurostat estime que l’inflation européenne en février avoisinait 1,5%, contre 1,4% le mois précédent. Si l’on excluait l’énergie, ce chiffre passerait à 1,2%. Des chiffres très bas donc. Devant ces données, la Banque centrale européenne s’est également jointe au chœur accommodant des banques centrales. La Banque centrale européenne a prolongé le gel des taux d’intérêt au moins jusqu’à la fin de 2019 (au lieu de l’été, comme prévu). En outre, elle a annoncé un nouveau cycle d’opérations de refinancement à plus long terme ciblées (Targeted Longer-Term Refinancing Operations ou TLTRO), c’est-à-dire les financements préférentiels aux banques en vue de l’octroi de crédits, et a confirmé le réinvestissement du produit des obligations d’État achetées pendant les années d’assouplissement quantitatif. Face au ralentissement économique plus important que prévu, la BCE est prête à rouvrir la célèbre «boîte à outils» qui regorge toujours de ressources pour stimuler la croissance. Cela s’est déjà produit à plusieurs reprises dans le passé.