ABONNEZ-VOUS À NOTRE LETTRE D'INFORMATION

Pour suivre nos actualités et nos analyses de marché

Placements

Les banques vont-elles taxer les dépôts ?

Les banques perdent de l’argent avec les dépôts de leurs clients. Certains redoutent que le dépôt de sommes trop importantes devienne payant.
Février 2020

Les dépôts des épargnants coûtent cher aux banques, et certains établissements haut de gamme ont décidé de facturer ce service. Les clients des banques de détail s’inquiètent et redoutent de voir à leur tour leurs dépôts taxés.

Depuis octobre 2019, trois établissements bancaires haut de gamme ont confirmé qu’au-delà d’un certain montant de dépôts (100 000, 500 000 ou 1 million d’euros selon les établissements), leurs clients se voient facturer des frais supplémentaires.

Chez les épargnants français, ces nouvelles créent une forme de panique : il faut dire qu’ils laissent sur leurs comptes de dépôts plus de 11,25% de leur épargne financière, soit quelques 594,5 milliards d’euros selon la Banque de France !

Pour les banques de détail, c’est un poste de coûts

Les banques de détail, selon toute logique, seraient pourtant fondées à facturer des dépôts trop importants : au-delà de certains montants, elles sont dans l’obligation, pour sécuriser l’argent de leurs clients, de le déposer à la Banque centrale européenne. Pendant des années, cela leur rapportait même un peu d’argent. Mais aujourd’hui, le taux octroyé aux banques par la Banque centrale européenne est négatif, de l’ordre de -0,5%. Les établissements bancaires se voient donc taxés pour mettre à l’abri les réserves de leurs clients. Dans ces conditions, il est compréhensible qu’ils envisagent de faire payer les dépôts.

Pour autant, il serait difficile de voir les banques de détail passer à l’acte. En effet, leurs clients n’apprécieraient pas du tout ce mouvement.

Lorsque les banques gagnaient de l’argent en déposant leurs économies auprès de la banque centrale, ils n’ont jamais touché un centime de rémunération. En France, contrairement à d’autres pays, les dépôts n’étaient pas rémunérés, et les banques y trouvaient leur compte. A présent qu’elles y perdent, il leur serait tout de même difficile de demander une contribution à leurs clients. Cela reviendrait à accepter les gains, mais pas les pertes d’une même situation.

Les Français sont multi-bancarisés et font de plus en plus d’infidélités aux banques traditionnelles. Taxer les dépôts, ce serait le coup de grâce, et les banques y perdraient nettement plus qu’elles ont à y gagner.

Trop d’argent sur les comptes de dépôts

Les épargnants sont donc encore en position de force, et continuent, faute de mieux, à laisser dormir leurs économies sur les comptes de dépôts. Est-ce la bonne solution ? Assurément, non. Les comptes d’épargne réglementée (Livret A, LDDS, LEP) sont plus adaptés. Ils ne sont pas suffisamment rémunérés pour compenser l’inflation mais ils permettent, a minima, de perdre moins d’argent. Ces comptes doivent être réservés à l’épargne de précaution. Il est contre-productif d’y loger plus de trois à six mois de salaire. Au-delà d’un certain seuil d’épargne financière, sauf en cas de projet immobilier à très court terme, il faut placer ses économies autrement. Pour le long terme, si les Français veulent avoir une rémunération élevée, ils doivent consentir à prendre davantage de risques.

En conclusion

Certaines banques privées taxent les dépôts de leurs clients au-delà d’un certain seuil. Depuis plusieurs années, les dépôts des clients ne rapportent plus d’argent aux banques, ils constituent un poste de coûts. Mais il est peu probable de voir les banques de détail facturer des frais au grand public. Les épargnants, eux, n’ont pas intérêt à laisser dormir leurs économies sur ces comptes !