ABONNEZ-VOUS À NOTRE LETTRE D'INFORMATION

Pour suivre nos actualités et nos analyses de marché

Placements

Des fonds en euros toujours plus mal rémunérés… que faire ?

Le rendement des fonds en euros des contrats d’assurance vie ne cesse de baisser. Pour s’adapter, les épargnants doivent bouleverser leurs habitudes.
Février 2020

Une fois de plus les fonds en euros des contrats d’assurance vie voient leur rémunération baisser. Pour les épargnants, qui ont profité pendant longtemps de bons rendements avec peu de risques, c’est un défi. Ils sont contraints de revoir leurs habitudes d’investissement.

Le scenario se répète d’année en année : le taux de rémunération des fonds en euros des contrats d’assurance vie poursuit son lent déclin. L’AFER, la plus grosse association d’assurés, a dévoilé le 14 janvier le montant des intérêts servis au titre de l’année 2019 : 1,85%, contre 2,25% l’année précédente.

Amputés des prélèvements sociaux de 17,2% qui s’appliquent à tous les contrats, ces intérêts s’élèvent donc à 1,53%. Soit à peine plus que l’inflation qui, selon la Banque de France, devrait s’établir à 1,3%.

Des performances difficiles à maintenir

Cette baisse des rendements s’explique assez facilement : les quelques 1300 milliards d’euros logés dans les fonds en euros sont massivement investis en obligations d’Etat (Source: fédération française de l'Assurance (FFA)). Or, les taux des obligations sont en chute libre. En 2010, l’emprunt d’Etat à 10 ans rapportait 3,3% par an. Depuis mars 2017, les nouvelles obligations émises n’ont jamais rapporté plus de 1%. Et en juin 2019, l’improbable s’est produit : le taux des obligations à dix ans est passé en dessous de zéro. Même s’il pourrait bien, ces prochaines semaines, redevenir positif, il restera probablement à des niveaux proches de zéro. Insuffisant pour rémunérer l’épargne des Français à la hauteur de l’inflation.

Pour le moment, les assureurs ont encore en portefeuille des obligations anciennes, un peu mieux rémunérées, ce qui leur permet de servir un taux supérieur à celui du marché. Mais ces placements arrivent progressivement à échéance. En outre, plus les épargnants investissent dans le fonds en euros, plus les compagnies d’assurance doivent elles-mêmes investir dans des obligations très mal rémunérées. A chaque fois, cela amoindrit un peu plus la performance globale du fonds en euros.

Pour limiter la casse, les assureurs tentent de dissuader les épargnants de loger toutes leurs économies dans le fonds en euros, en combinant une ou plusieurs stratégies.

  • En obligeant les épargnants à investir au moins 30% des nouveaux versements dans des unités de compte. Notées sur une échelle de risque de 1 à 7, ces dernières ne sont pas forcément dynamiques et risquées, mais elles n’offrent pas de garantie en capital.
  • En fixant un plafond pour les montants investis par les épargnants : sur certains contrats, au-delà de 100 000 euros par exemple, il n’est plus possible d’orienter ses économies vers le fonds en euros. La seule solution est de se tourner vers les unités de compte.
  • En laissant entendre que la garantie en capital, qui rassure tant les souscripteurs secoués par plusieurs crises boursières successives, pourrait ne pas être maintenue éternellement.

Les épargnants doivent revoir leurs habitudes

Faut-il s’inquiéter de cette baisse inexorable des rémunérations ? Pas nécessairement. En revanche, il faut s’y adapter. Les assurés doivent se faire une raison : l’épargne disponible, bien rémunérée et sans risque, c’est fini. Pour obtenir un meilleur rendement, il faut renoncer au confort de la garantie, ou à la disponibilité immédiate de ses économies. Une révolution pour beaucoup d’assurés, qui ont eu tendance, ces dernières années, à déposer sur leur contrat d’assurance vie des sommes qu’ils récupéraient rapidement. A présent, il faut revenir aux sources, et utiliser l’assurance vie pour ce qu’elle a toujours été : une enveloppe d’épargne de long terme, pour des sommes dont le souscripteur est certain de ne pas avoir besoin pendant huit ans ou plus. Avec cette durée, il est possible d’exposer une partie de son épargne à davantage de risque, et donc d’espérer une meilleure rémunération. Même si une secousse intervient sur les marchés et fait baisser la valeur du contrat, le temps permet au capital de se reconstituer progressivement.

L’épargne logée dans le fonds en euros reste garantie pour le moment, mais il faut accepter qu’elle soit très faiblement rémunérée. Un phénomène qui durera tant que durera ce cycle de taux bas.

Points essentiels à retenir

  • A cause des taux bas des emprunts d’Etat, les rémunérations des fonds en euros des contrats d’assurance vie baissent d’année en année.
  • Les compagnies d’assurance tentent de dissuader les épargnants d’y loger toutes leurs économies.
  • Les assurés doivent accepter, pour leur épargne de long terme, de prendre un peu de risque s’ils espèrent une meilleure rémunération.