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Placements

Les taux sont bas : une formidable source d’opportunités

En dépit des taux bas, les épargnants ont plusieurs solutions pour investir leur épargne, et les conditions de crédit immobilier sont imbattables.
Novembre 2019

Que faire quand le rendement des placements dits sans risque s’approche de zéro, ou, pire, devient négatif ? Pour l’immobilier comme pour l’épargne financière, des solutions existent. A condition d’accepter davantage de risque et d’adopter de nouveaux réflexes.

Les taux d’intérêt sont historiquement bas. Depuis le mois de juin 2019, les emprunts d’État à dix ans affichent même des taux de rémunération négatifs. C’est une bonne affaire pour l’emprunteur, mais pas pour le prêteur.

Les premiers à prêter à l’Etat sont les épargnants, par l’intermédiaire des fonds en euros de leurs contrats d’assurance vie. Pour eux, cette baisse continue des taux est une mauvaise nouvelle, car elle signifie que la rémunération des fonds en euros va encore se réduire. Les assureurs ont déjà prévenu : ils ne pourront pas servir 1,8% d’intérêts comme l’an dernier (1), et il faut s’attendre à une baisse sensible sur 2019.

Pour autant, les épargnants peuvent aussi tirer parti de cette situation inédite de taux très bas.

Premier réflexe : emprunter pour développer son épargne

Le premier réflexe consiste à investir à crédit dans l’immobilier. Même les acheteurs qui ont des liquidités ont intérêt à emprunter aujourd’hui. Les banques octroient des prêts à des conditions imbattables, jamais vues dans l’histoire. Certains acquéreurs s’endettent sur vingt ans à moins de 1% hors assurance. Pour un emprunt de 200 000 euros sur vingt ans, les mensualités, assurance incluse, sont de 980 euros. Sur ce montant, le premier mois, seuls 226 euros sont des intérêts et des frais. La part de capital - 754 euros - représente 77% de la mensualité. En clair, l’emprunteur épargne dès le début 754 euros chaque mois. Et ce montant ne cesse de progresser au fil des échéances. L’acheteur bénéficie aussi de l’effet de levier du crédit, c’est-à-dire qu’il utilise un bien, ou en encaisse les loyers, alors même qu’il ne l’a pas encore payé.

Pour investir, il faut être plus sélectif et accepter davantage de risque de capital

Pour un investisseur qui a des disponibilités, les taux bas sont, en revanche, une contrainte. Il serait irrationnel de miser sur des obligations d’État à long terme, dont les taux sont négatifs ou très proches de zéro. Mais d’autres pistes existent, comme le détaille Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet Asset Management.

  • « Sur le marché obligataire, les fonds spécialisés dans les pays émergents sont à regarder de près : les bons du Trésor à 10 ans des pays émergents rapportent encore plus de 4% par an. Ils offrent une bonne perspective de rendement, avec, en outre, un risque de défaut de ces États qui diminue progressivement dans le temps ».
  • Autre piste sur le marché obligataire : les obligations à haut rendement, émises par des sociétés fortement endettées. « Lorsque leur échéance est programmée à un an, deux ans ou trois ans, l’investisseur peut espérer un rendement annuel supérieur à 2% », poursuit-il.
  • Enfin sur le marché des actions, certains secteurs sont particulièrement décotés. Les banques, en particulier, ont des valorisations massacrées. « Certaines versent pourtant des dividendes représentant jusqu’à 6% de la valeur de l’action ! En plus, ce sont elles qui bénéficieront les premières de la remontée des taux longs que nous anticipons. Elles se financent avec des emprunts à courte durée qui devraient rester très bon marché, mais elles prêtent en prenant pour référence les obligations à dix ans, dont les taux, eux, devraient remonter. Leurs marges vont donc mécaniquement progresser dans les prochains mois », conclut Frédéric Rollin.

En conclusion

Les taux bas inquiètent les épargnants. Pourtant, il existe différents moyens pour faire fructifier son épargne. Les candidats à l’achat immobilier s’endettent à des conditions imbattables. Et sur les marchés, en acceptant un risque de perte en capital :

  • Les obligations des pays émergents peuvent rapporter plus de 4% par an.
  • Les sociétés fortement endettées peuvent offrir une rémunération de 2,5% par an.
  • Les banques cotées en bourse peuvent servir des dividendes de 6% par an.