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Retraite

Faut-il racheter des trimestres de retraite ?

Le rachat de trimestres est avantageux sur le plan fiscal mais ce n’est pas toujours une bonne opération financière.
Février 2020

Faut-il racheter des trimestres d’études pour pouvoir quitter la vie active plus tôt ? L’opération, encouragée par un avantage fiscal significatif, peut être tentante pour ne pas voir le montant de sa pension affecté d’une décote. Pour autant, il faut faire soigneusement ses calculs.

Alors que le débat sur la réforme des retraites bat son plein, nombreux sont ceux qui se demandent comment améliorer leurs revenus une fois qu’ils auront quitté la vie active. Certains envisagent le rachat de trimestres correspondant à leurs études ou à des années d’expatriation pendant lesquelles ils n’ont pas cotisé.

Cela peut leur être utile à plusieurs égards. En premier lieu, s’ils n’ont pas le nombre de trimestres cotisés requis pour partir à la retraite à taux plein, le calcul de leur pension subira une décote. Racheter des trimestres leur permet alors d’avoir une retraite à taux plein. Pour rappel, le nombre de trimestres cotisés nécessaires pour percevoir une retraite à taux plein est de :

- 166 trimestres pour les personnes nées entre 1955 et 1957 inclus

- 167 trimestres pour ceux qui sont nés entre 1958 et 1960 inclus

- 168 trimestres pour ceux qui sont nés à partir de 1961 et jusqu’à fin 1963

- ceux qui prennent leur retraite à 67 ans révolus ne subissent pas de décote même s’ils n’ont pas le nombre de trimestres requis.

Des précautions à prendre avant de se lancer

L’opération peut aussi se révéler très avantageuse sur le plan fiscal pour ceux qui affichent de gros revenus. En effet, les sommes déboursées pour racheter des trimestres sont déductibles du revenu imposable. Cela peut faire baisser sensiblement l’assiette de l’impôt, et donc l’impôt lui-même. Pour autant, il faut prendre quelques précautions. Tout d’abord, ceux qui envisagent de prendre leur retraite à 67 ans révolus n’ont pas besoin de racheter de trimestres car, en quittant la vie active à cet âge-là, ils ne subissent aucune décote. Ensuite, il vaut mieux éviter de racheter ses trimestres trop tôt. Pourtant, les assurés peuvent être tentés, car plus le rachat se fait tôt, moins il coûte cher. Ainsi, le coût maximal de rachat d’un trimestre sera de 3563 euros à 50 ans, mais de 4367 euros à 60 ans. Malheureusement, à 50 ans, peu d’actifs ont une réelle idée de la façon dont va se dérouler leur fin de carrière, et de la façon dont sera réellement calculé le montant de leur retraite. Mieux vaut donc ne pas immobiliser trop tôt des sommes importantes (et payées de façon définitive). Il faut aussi avoir en tête les modalités de paiement, et leurs implications. S’il est possible d’étaler le paiement des trimestres sur un, trois ou même cinq ans, cela n’est pas toujours souhaitable car la pension n’est versée qu’une fois la totalité du prix acquittée !

L’opération est-elle rentable ? 

Pour calculer le retour sur investissement de l’opération, il suffit de faire un calcul simple. Il faut d’abord évaluer le coût réel du rachat : pour cela, on soustrait le montant de l’économie d’impôt du prix brut des trimestres. Ensuite, on compare ce chiffre au gain annuel de l’opération : combien d’années faut-il pour amortir la dépense effectuée ? S’il faut dix ans ou moins, il est possible de se lancer sans trop hésiter. Au-delà, il faut réellement comparer le chiffre avec son espérance de vie.

En conclusion

Le rachat de trimestres de cotisations peut sembler une bonne opération, notamment sur le plan fiscal. Pourtant, il ne doit pas se faire trop tôt, même si le prix de l’opération est plus attractif pour les plus jeunes. Il faut aussi s’assurer que l’opération est amortie sur une durée assez courte.