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Société

Comment investir de façon responsable?

Il y a plusieurs techniques pour choisir l’investissement responsable le plus adapté à ses convictions.
Janvier 2020

L’investissement responsable monte en puissance, chez les investisseurs particuliers et institutionnels. Cependant, toutes les gestions dites responsables ne se valent pas, car elles ne correspondent pas toutes à la même approche.

L’investissement responsable a le vent en poupe. Entre fin 2017 et fin 2018, selon l’association française de la gestion financière (AFG), les encours gérés de façon responsable ont progressé de 40% !

Les investisseurs, institutionnels comme particuliers, manifestent leur volonté de s’attacher à des critères financiers, et aussi extra-financiers. Ainsi, à la fin 2018, 1458 milliards d’euros étaient gérés de façon responsable en France. Un montant élevé, car ce chiffre inclut plusieurs techniques. En effet, il n’y a pas une, mais plusieurs approches d’investissement responsable.

La première approche peut être qualifiée d’historique. Il s’agit d’exclure de son portefeuille toutes les entreprises ayant un impact négatif sur l’environnement, ou sur l’éthique. Ainsi, les marchands d’armes, de tabac, de spiritueux, et aussi les sociétés investissant dans des énergies nucléaires ou dans les centrales à charbon ne sont pas considérées par le gérant de ces fonds de placements ou le propriétaire de ces titres. On parle d’exclusion sectorielle.

Autre méthode : l’exclusion normative. Là, ce ne sont plus les secteurs économiques qui sont visés, ce sont les comportements de certaines sociétés. Le gérant a toute latitude quant aux secteurs sélectionnés, à la seule condition que l’entreprise respecte le droit du travail et les droits humains. Elle doit être très scrupuleuse également dans le choix de ses sous-traitants et leur imposer les mêmes règles. Ces deux approches sont qualifiées d’approches d’exclusion.

Il est possible d’opter pour un choix plus positif : au lieu d’exclure, le gérant sélectionne. Il peut procéder à une sélection sectorielle, choisir d’investir dans les centrales de traitement de l’eau, dans le recyclage des déchets, dans des sociétés fabriquant des éoliennes ou encore chez des producteurs d’ampoules à basse consommation.

Il peut aussi choisir un spectre d’investissement plus large, et sélectionner les sociétés s’illustrant par leur comportement irréprochable sur le plan social.

Une autre approche, plus large, moins restrictive, consiste à ne rien s’interdire comme secteur d’investissement, et à se montrer très attentif aux indicateurs ESG des entreprises. ESG, c’est-à-dire :

  • Environnementaux : quelle est l’empreinte carbone de l’entreprise ? Quelle est sa consommation d’eau ? Quels sont les efforts qu’elle accomplit pour diminuer ses déchets ?
  • Sociaux : la société parvient-elle à fidéliser les salariés ? Déplore-t-elle beaucoup d’accidents du travail ? Comment aide-t-elle les salariés à se maintenir en bonne santé, que fait-elle pour leur retraite ? Les femmes sont-elles représentées aux postes d’encadrement ? Que prévoit l’entreprise pour corriger les déséquilibres salariaux entre hommes et femmes ?
  • Gouvernance : y a-t-il des administrateurs indépendants ? Des femmes siègent-elles au conseil d’administration ? Comment sont traités les actionnaires minoritaires ? la direction générale et la présidence sont-elles dissociées ?

Tous ces critères sont passés au crible et aident le gérant à faire ses choix parmi les sociétés les plus vertueuses, ou parmi celles qui affichent une trajectoire témoignant d’efforts réels. « Chez celles qui n’affichent pas de très bons indicateurs ESG, les gérants utilisent leur pouvoir d’actionnaires, notamment le vote en assemblée générale et le dialogue avec le management, pour inciter la direction à accomplir des efforts et à améliorer ses indicateurs ESG », explique Eric Borremans, responsable ESG chez Pictet Asset Management. C’est ce que l’on appelle l’investissement à impact.

Cette approche d’investissement, qui se focalise sur les critères ESG, ne remplit pas les critères pour obtenir le label ISR. Un label dont la montée en puissance est manifeste, puisqu’aujourd’hui, 321 fonds ont reçu ce label, contre 157 à fin septembre 2018 (Source : AFG). Le 18 décembre, le fonds Pictet Water a d’ailleurs rejoint les fonds de Pictet Asset management à pouvoir revendiquer le label ISR, qui se comptent désormais au nombre de six Les encours gérés par des fonds labellisés sont passés de 41 à 121 milliards d’euros. Loin des 1458 milliards gérés selon les différentes approches responsables (Source : AFG).

Points essentiels à retenir

Pour investir de manière responsable, il y a plusieurs techniques

  • Exclure certains secteurs d’activité
  • Concentrer ses investissements sur les énergies renouvelables et le recyclage
  • Exclure les sociétés affichant de mauvais comportements sur le plan social
  • Concentrer ses recherches d’investissement sur des entreprises très vertueuses en matière sociale.
  • Au lieu d’exclure, ou d’être très sélectif sur des secteurs de l’économie, il est aussi possible de regarder, parmi toutes les sociétés cotées, celles qui affichent les meilleurs indicateurs ESG, environnementaux, sociaux et de gouvernance.