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Octobre 2017

Emerging Markets Monitor

Une sélection mensuelle de graphiques et de données clés sur les pays émergents.

01

Ce qui a attiré notre attention

Emerging Markets Monitor
Patrick Zweifel, Chief Economist Septembre 2017

La dette des pays émergents a fortement augmenté depuis la crise financière de 2008, pour atteindre 186% du PIB au premier trimestre 2017. La dette du secteur privé a largement alimenté cette hausse, représentant plus de 50% du total.

 
dette par région

% PIB

20171023_Chart1.png

Source: Pictet Asset Management, BIS, CEIC, Datastream, T1 2017. *Moyenne pondérée de 21 marchés développés, *Moyenne pondérée de 19 marchés émergents.

 

Certes, le pourcentage moyen de la dette émergente rapporté au PIB est beaucoup plus faible que celui des marchés développés, mais l'histoire montre que le taux de variation de cet indicateur importe plus que le niveau absolu. Ainsi, au vu d’une telle augmentation de la dette et du resserrement de la poli-tique monétaire américaine imminent, la question est posée: les marchés émergents se dirigent-ils vers une crise entraînée par la dette?

Attention au grand écart... chinois

Nous calculons l’écart entre le ratio actuel dette/PIB et sa tendance de long terme, le résultat étant appelé «écart de dette». Pour précision, nous utilisons la méthode de la Banque des règlements internationaux afin d’identifier la tendance à long terme. Le graphique ci-dessous montre l'écart de dette des principaux marchés émergents.

Ecart de dette privée émergente par pays 
(1er trimestre 2017, % PIB)
 
20171023_Chart2.png

Source: Pictet Asset Management, BRI, CEIC, Datastream au 1er trimestre 2017. * Endettement basé sur la dette privée, à savoir les dettes des ménages et des entreprises.

Le risque de crise financière augmente de manière significative lorsque l’écart de dette est supérieur à 10%. Heureusement, presque tous les principaux marchés émergents se situent en dessous de ce seuil, en particulier quand on compare la situation actuelle à celle d’il y a 5 ans.

La seule exception est la Chine, où nous ne nous attendons pas à une crise majeure.

Attention aux déficits courants

Si l’on étudie le graphique ci-après, lors du «tapering » de 2013  épisode clé pour les pays émergents, les taux de «swap» à 5 ans des pays affichant un déficit courant (CAD) se sont fortement tendus, dans un premier temps en ligne avec les rendements obligataires américains à 10 ans, puis encore plus début 2014.

En revanche, les pays possédant une balance courante excédentaire (CAS) ont vu leurs taux de «swap» résister et s’aligner sur le rendement américain à 10 ans, avec une augmentation du «spread» de seulement 50 points de base.

La même tendance a été observée sur les marchés des changes au cours de cette période. Les devises des pays CAD se sont dépréciées de 15%, alors que celles des pays CAS ne perdaient que 3%.

Des destins variés lors du «Tapering»

Taux de «swap» des pays émergents CAD & CAS et taux à 10 ans US (2013-2014)

20171023_Chart3.png

Source: Pictet Asset Management, BRI, CEIC, Datastream, données de janvier 2013 à juin 2014. CAD pays émergents incluant: Inde, Indonésie, Brésil, Chili, République tchèque, Mexique, Pologne, Afrique du Sud, Turquie. Pays CAS incluant: Chine, Corée du Sud, Malaisie, Philippines, Singapour, Taïwan, Hongrie, Russie. 

 

Les choses ont-elles changé?

La comparaison entre 2013 et l'état actuel des pays émergents en déficit courant révèle une amélioration générale des fondamentaux. Ils semblent en conséquence moins vulnérables à une augmentation des rendements américains.
 
Et maintenant...
Moyenne des principaux marchés émergents accusant un déficit courant en 2013 et 2017
20171023_Chart4.png

Basé sur sept pays: Mexique, Pologne et pays appartenant au «Fragile Five» (Inde, Inde, Brésil, Afrique du Sud et Turquie). Source: BIS, CEIC & Datastream.

Mais il existe des exceptions, notamment la Turquie, qui affiche toujours un déficit courant (5,3% du PIB) et un taux d'inflation (> 10% sur un an) élevés.

Dans l'ensemble, toutefois, les marchés émergents ne nous semblent pas se diriger vers une correction majeure, les rendements américains continuant d'augmenter.

Indicateurs macroéconomiques des grands pays à déficit du compte courant

déficit du compte courant des marches emergents

Au 30/09/2017

20171023_Chart5.png

Source: Pictet Asset Management, BIS, CEIC, Datastream

02

Focus: La Russie

Par Nikolay Markov, économiste

Nous voyons des signes précurseurs d'une reprise vigroureuse en Russie.

Moscow

Vue de Moscou

Premier de la classe

Comme le montre le graphique ci-dessous, la Russie a la plus faible dette publique des grands pays émergents. Cependant, l'investissement y a été faible, empêchant la Russie de se diversifier hors du secteur énergétique.

RATIO DETTE/PIB: PRINCIPALES ÉCONOMIES ÉMERGENTES

% PIB

20171023_Chart6.png

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Datastream, données à fin 2016

Le retour de l'ours...

La Russie arrive 3ème de notre classement des indices risque pays en termes d’environnement économique, de finances publiques et de financement notamment (en savoir plus sur la composition de l'indice)
Classement selon l’indice risque pays 
20171023_Chart7.png

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Datastream, données à juin 2017. *Classement basé sur 18 indicateurs et 6 dimensions: 1) Environnement économique, 2) Finances publiques, 3) Finances privées, 4) Financement externe, 5) Compétitivité, 6) Score de gouvernance.

Ce bon score est principalement dû à un faible taux d’inflation, à de faibles dettes publique et extérieure, ainsi qu’à un rebond des réserves de change. Il est également soutenu par le sérieux engagement de la Banque centrale russe à diminuer l’inflation, tout en favorisant la reprise économique.

Le secteur privé, tant au niveau des ménages que des entreprises, s'est dans le même temps considérablement désendetté ces dernières années.

 

 

Une reprise élargie?

Il existe des signes précurseurs évidents de reprise économique russe, au niveau des ventes de véhicules neufs, de la construction, des conditions du marché du travail, du sentiment des entrepreneurs du secteur manufacturier et de la hausse des prix du pétrole.

Cela indique une solide croissance du PIB de 1,7% pour 2017 sur la base de notre indicateur avancé (courbe grise). Cependant, cela reste inférieur au potentiel de croissance de l'économie russe (ligne pointillée).

 

 

PIB russe et indicateur avancé de la croissance
PIB axe droit  / Indicateur avancé axe gauche
20171023_Chart8.png

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Datastream, PIB à mai 2017, indicateur avancé à août 2017. Notre indicateur sur la Russie est calculé en utilisant dix indicateurs les plus pertinents du cycle économique russe.

D'un point de vue structurel, le principal désavantage de la Russie réside dans l'absence de réformes visant à rééquilibrer la dépendance aux exportations d'énergie dans les secteurs de l’industrie et des services.

Cela pèsera sur la croissance potentielle du PIB à moyen et à long terme. Investir dans l'innovation technologique pourrait stimuler de manière significative la croissance potentielle du PIB russe à long terme et devrait donc devenir une priorité absolue pour le gouvernement.

Les principaux risques à court terme sont géopolitiques, en particulier les conflits en Ukraine et en Syrie, mais aussi le risque d'un choc pétrolier négatif.

03

Point de vue de l'équipe

Par Christopher Bannon, gérant senior

L’attente d’une renaissance de la consommation russe

Les fondamentaux économiques russes restent très solides, malgré un taux d'intérêt réel parmi les plus élevés du monde émergent, actuellement de l'ordre de 5%. Il s’agit donc de savoir quand le rendement à 10 ans s'ajustera à la baisse pour refléter le plus faible régime d'inflation.
Inflation russe et taux obligataire à 10 ans
20171023_Chart9.png

Source: Bloomberg, septembre 2017

Prêter attention au secteur de l’alimentation de détail

L'économie de renforcement de la Russie nous paraît de bon augure pour les consommateurs et l’immobilier.
Nous apprécions particulièrement les détaillants alimentaires, pour lesquels les attentes bénéficiaires sont excellentes et où les valorisations sont très intéressantes - voir le tableau ci-dessous. De plus, l'industrie se consolide autour des leaders du marché.

Ratio cours/bénéfices des principaux détaillants alimentaires en Russie

Bénéfices prévisionnels pour les 12 prochains mois

20171023_Chart10.png

Source: Analyses Bloomberg and Pictet Asset Management, septembre 2017

04

Bilan de santé des pays émergents

Encore de la croissance dans les pays émergents…

Notre indicateur avancé a rebondi de 5,3% an/an en août, indiquant un rythme de croissance de 4,7%1.
Malgré un sentiment mitigé, la croissance de la production industrielle des pays émergents a progressé vers son plus haut niveau (5,4%) depuis mi-2013. Pendant ce temps, l’indice des directeurs d’achat (PMI) agrégé des pays émergents augmentait à 51,7, du jamais vu depuis mai 2011, ce qui témoigne d’une croissance de la production industrielle supérieure à 6%.
Pays émergents: indicateurs avancés de l'activité
Indicateur avancé et PIB (graphique de gauche) / PMI et production industrielle (graphique de droite)
20171023_Chart11.png

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Datastream. Graphique de gauche: Indicateur principal des marchés émergents, données de janvier 2011 à août 2017. *Moyenne pondérée par le PIB de 240 indicateurs économiques de 24 pays. **Moyenne pondérée par le PIB de 30 pays. Graphique de droite: Données des PMI des marchés émergents de janvier 2011 à septembre 2017. Production industrielle des pays émergents, données de janvier 2011 à septembre 2017. *24 PMI industriels pondérés par le PIB. **31 productions industrielles pondérées par le PIB.
1.Basé sur des données statistiques historiques des relations entre ces deux variables.

05

Performances des marchés

Données clés
Au 30/09/201
20171023_Chart12.png

Source: Datastream, Bloomberg, données au 31.09.2017 en dollars US. Les indices actions sont basés sur un dividende net réinvesti. Les indices obligataires et des matières premières sont exprimés sur la base du rendement total. L’évolution des taux de change est traitée comme un calcul de performance basé sur les taux de change.