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Lettre Européenne

Novembre 2019

Brexit de Boris, Bon pour les Banques?

La campagne électorale britannique a commencé et les conservateurs ont de bonnes chances de gagner. Un regard attentif sur le système politique britannique et son histoire révèle cependant à quel point les certitudes sont fragiles. La saison 4 du Brexit promet d’être toujours aussi palpitante, et, pour ceux qui songent à investir dans les valeurs bancaires européennes, cruciale.

Les conservateurs promettront de ratifier l’accord de retrait que Boris Johnson a conclu avec Bruxelles à la mi-octobre et d’officialiser le Brexit d’ici à fin janvier 2020. S’ils remportent les élections, 2020 marquera la fin de la saga du Brexit.

Par ailleurs, les sondages récents pointent vers une majorité conservatrice au Parlement. La posture guerrière de Boris Johnson et sa capacité à convaincre la zone euro ont séduit les électeurs du Parti du Brexit. Toutefois, le système électoral à un tour, dans lequel chaque siège parlementaire est attribué au candidat ayant recueilli le plus grand nombre de voix même s’il n’a pas obtenu la majorité, ainsi que la répartition irrégulière des partis sur le territoire rendent les élections britanniques notoirement difficiles à prévoir, même à la veille du scrutin. Ajoutons que l’opinion britannique a été pour le moins versatile ces dernières années. En 2017, Jeremy Corbyn avait réussi à doubler ses soutiens en quelques mois de campagne.

Royaume-Uni : évolution des intentions de vote pour les quatre principaux actifs

Britainelects du 31/03/2017 au 04/11/2019

Même si les conservateurs ont une nette avance dans les sondages, une majorité conservatrice au Parlement n’est donc pas encore garantie à ce stade. De plus, ils ne pourront pas compter sur le soutien du Parti du Brexit à l’accord conclu par Boris Johnson avec l’Union européenne (UE). Nigel Farage, qui souhaite que le Royaume-Uni mène une politique commerciale totalement indépendante, refuse cet accord, estimant que celui-ci soumettra le pays aux règles de l’UE dans plusieurs domaines. Il n’appuiera les conservateurs que dans le cadre d’un Brexit sans accord.

En l’absence d’une majorité conservatrice, les travaillistes et les libéraux-démocrates pourraient former une coalition gouvernementale. Le Parti travailliste souhaite négocier avec l’UE un nouvel accord plus souple, aux termes duquel le Royaume-Uni resterait dans l’union douanière et appliquerait la plupart des règles du marché unique. Il soumettrait en outre l’accord renégocié à un référendum. Les travaillistes sont toutefois divisés sur la question de savoir si ce référendum devrait porter uniquement sur l’accord ou inclure également une option annulant le Brexit («Bremain»).

Les libéraux-démocrates, eux, veulent que le Royaume-Uni reste dans l’UE. Leur principale promesse électorale sera donc d’annuler le processus de sortie. Ils pourraient échanger leur soutien aux travaillistes contre l’option d’un Bremain dans le référendum.

Quelle que soit la majorité parlementaire, la livre devrait être soutenue. Pour ceux qui songent à revenir vers les banques de la zone euro, ce pourrait être le moment opportun. Leur valorisation historiquement basse et les avancées majeures réalisées dans le nettoyage de leurs encours de prêts et dans l’ajustement réglementaire de leur bilan rendent ces établissements attrayants à moyen terme. Mais quand investir ? Le graphique ci-dessous montre qu’une sortie négociée pourrait être l’élément déclencheur attendu. Un investissement dans les actions bancaires est un moyen assez précis de miser sur une issue favorable du Brexit.

Pourquoi ? Plus que tous les autres secteurs, les banques représentent un pari sur l’avenir économique européen, qui, pour beaucoup d’investisseurs, dépend en grande partie de l’issue du Brexit.

Performance des actions bancaires et niveau de la livre face au dollar

Indice Datastream Eurozone Banks, Datastream, du 01/01/2019 au 08/11/2019

Enfin, si aucune majorité ne se dégage, 2020 pourrait alors ressembler à 2019: refus systématique du Parlement d’accepter toute proposition et demande d’un nouveau délai. Mais l’Europe acceptera-t-elle de patienter encore ? Rien n’est moins certain. La France a déjà montré de fortes réticences lors des dernières négociations.