I am Article Layout


Sélectionnez votre profil:

Contenu réservé au type d'investisseur sélectionné.

Vous souhaitez accéder au site pour Investisseurs particuliers?

Mai 2020

Marché japonais : cash is king

Les entreprises japonaises ont abordé la crise en excellente santé financière. Elles sont très riches en cash et n'ont que peu ou pas de dette.

En septembre 2019, les sociétés non financières disposaient d'environ 500 trillions de yens de liquidités ou d'équivalents sur leurs bilans1. Pas moins de 56% des sociétés du Topix ont une situation nette d’endettement positive2. De leur côté, beaucoup d’entreprises américaines qui s’étaient endettées pour racheter leurs actions voient leurs notes de crédit se dégrader.

L’accumulation de liquidités a jusque-là pénalisé le marché japonais : le cash est peu rémunérateur au regard d’un investissement réel. Mais aujourd’hui, alors que le besoin de liquidités devient pressant et que les opportunités d’achat se multiplient, posséder une trésorerie pléthorique est devenu un atout.
Cash flow livres (toutes industries, 4 trimestres m.m., 2019 annualisée)

Note: société dont le capital st supérieur à ¥1bn Source: MoF, Pictet AM au 24.02.2020

Le chemin vers la rentabilité, à partir d'une base solide

Depuis plusieurs années, les efforts vers une meilleure rentabilité du capital se multiplient. Les directions des conglomérats japonais concentrent davantage leur stratégie sur leur cœur de métier et se désinvestissent des modèles d’affaires satellites.

Hitachi est un exemple type de ce mouvement. Auparavant un conglomérat d’activités diverses et sou-vent cycliques, la société est en passe de devenir un leader technologique, notamment dans le secteur de l’internet des objets. Au cours des dernières années, la société s’est remodelée grâce à de nombreuses fusions et d'acquisitions. Elle a récemment vendu son activité de diagnostic par l’image à Fuji-film Holdings et sa part dans Hitachi Chemicals à Showa Denko et a réglé sa sortie de la coentreprise de centrales électriques sud-africaine qu’elle avait avec Mitsubishi Heavy Industries. La société est certes encore exposée au cycle économique global, mais elle s'est clairement repositionnée vers des domaines de croissance séculaire.

De plus, les entreprises japonaises ont adopté plus récemment une politique bilantielle plus offensive, soit à travers des rachats d’actions, soit des distributions plus élevées de dividendes, soit encore par des acquisitions financées en liquidités.

A ce stade, cet optimisme retrouvé a été insuffisant pour entamer les réserves de trésorerie et relever significativement le rendement de l’actionnaire. Mais, si cette tendance se confirme en sortie de crise, ce qui nous semble très probable, les entreprises japonaises auront alors deux atouts majeurs : une situation de trésorerie favorable pour passer sereinement la crise et faire des acquisitions à bon compte, et à plus moyen terme une hausse de leur rentabilité.
TOPIX, dividendes et rachats d'actions (Yen, tn)

Source: Bloomberg, 05.05.2020

Reprise en V

Le Japon est un des pays ou la pandémie est la mieux contrôlée. Le gouvernement a rapide-ment pris des mesures drastiques. Dès le 2 mars, le Premier ministre Shinzo Abe a demandé que toutes les écoles et tous les collèges soient fermés. Il a également indiqué aux gens de s'abstenir de se rendre aux réunions sociales, aux événements et à tout autre lieu fréquenté et de rester chez eux. Les grands événements sportifs et culturels ont été annulés, reportés ou réduits, tandis que les parcs à thèmes et les cinémas ont fermé. Les résultats sont probants. Les décès dus à la pandémie sont de 0.6 pour 100 000 au Japon et le pays sort plus tôt et plus confiant du confinement2.

Par ailleurs, la situation de l’emploi est meilleure que dans la plupart des autres pays. Le Japon bénéficiait d’un taux de chômage proche de 2% avant la crise3. De plus, la démographie vieillissante du pays est très favorable à la baisse du chômage : la population active se réduit de 400 000 personnes par an environ. Une personne recherchant un travail s’en voit encore proposer 1.43.

Enfin, le gouvernement a mis en place un stimulus budgétaire représentant plus de 20% du PIB, ce qui en fait l’un des plus élevés au monde.

Des valorisations toujours attrayantes

Le marché japonais est mal aimé des investisseurs internationaux et les valorisations sont très attrayantes. Le ratio de PE du Topix est largement inférieur à celui des actions mondiales et le rendement sur dividendes du Topix est désormais supérieur à celui du S&P 500 : 2,60% versus 2%3.
TOPIX : PE constaté et estimé (12 mois) Measures

Source: Bloomberg, Pictet AM, au 05.05.2020

Pictet-Japanese Equity Opportunities : Accent sur les technologies de l'information

La surpondération la plus importante du fonds réside dans les technologies de l’information, principalement les logiciels et les composants électroniques. Le secteur bénéficiera de l’accélération de la demande en services internet et du développement de la 5G. L’électrification des véhicules, la sécurité et l’automatisation porteront aussi ces valeurs, en particulier Keyence (1,71% dans le fonds) leader de l'automatisation industrielle, le spécialiste de l'automatisation des processus Yokogawa Electric (1,16% dans le fonds) et le fabricant d'équipements d'inspection Shimadzu (1,87% dans le fonds) et Hitachi (2,84% dans le fonds) 4.

Au cours du mois d’avril les gérants ont ajouté une position sur le courtier Mitsubishi Corp et sur la société d'extraction de métaux non ferreux Sumitomo Metal Mining. Les valorisations sont très attrayantes et, compte tenu de l'ampleur reflationniste du soutien fiscal et monétaire qui a été apporté à la crise, le pire est probablement passé pour ces deux sociétés.