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Point de vue mensuel sur l’allocation d’actifs

Décembre 2019

Barometer: Stimulés par le monde émergent

Si les dernières données peuvent prêter à l’optimisme, l’économie mondiale n’est pas encore au bout de ses peines. Nous restons neutres vis-à-vis des actions mondiales, mais surpondérons les actifs des marchés émergents.

01

Allocation d’actifs: lutte contre le ralentissement

Les responsables politiques sont jusqu’à maintenant parvenus à éviter tout brusque ralentissement de l’économie mondiale. La Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne ont ouvert le robinet monétaire, tandis que plusieurs gouvernements de pays émergents ont lancé des politiques de relance budgétaire. L'Europe et le Japon devraient faire de même en augmentant la dépense publique. 

Toutefois, cela ne signifie pas que l’économie soit déjà tirée d’affaire. La pièce manquante au stimulus économique global se trouve en Chine,  où les autorités sont confrontées à un dilemme, d'un côté limiter l'inflation et l’augmentation de la dette des entreprises, de l'autre soutenir les pans de l’économie asséchés de liquidités par la guerre commerciale.

Il est donc logique pour les investisseurs d’éviter les secteurs les plus onéreux du marché. Nous conservons notre positionnement neutre sur les actions et surpondéré sur les liquidités. Nous maintenons également la sous-pondération des obligations, en particulier sur un marché obligataire européen peu attractif étant donné que cette classe d’actifs surévaluée ne présente qu’un potentiel de performance limité pour les prochains mois.

Grille d’allocation d’actifs mensuelle

Décembre 2019

baromètre: grille d’allocation d’actifs

Source: Pictet Asset Management

Nos indicateurs du cycle conjoncturel pointent vers une lente amélioration de la situation économique.

Notre indicateur avancé mondial a grimpé pendant trois mois consécutifs pour atteindre son maximum de l’année, en grande partie grâce à une accélération des économies émergentes.

Fait encourageant, cette bonne nouvelle arrive alors que les autorités monétaires soutiennent de plus en plus la croissance: la part de banques centrales qui réduisent leurs taux a atteint environ 40% nets, un niveau jamais observé depuis le plus fort de la crise financière (voire Fig. 1). Cela dit, nous tablons toujours sur une expansion de la production mondiale de 2,7% l’année prochaine, ce qui est en deçà de son potentiel et du résultat de cette année.

FIG. 1: Indicateurs avancés mondiaux et actions des banques centrales
Indicateurs avancés mondiaux

L’indicateur avancé mondial est pondéré par le PIB. Les données des banques centrales s’appuient sur 40 banques centrales avec une avance de huit mois. Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv, données couvrant la période allant du 01.01.2000 au 01.12.2020

Notre analyse des liquidités montre que la relance fournie par les banques centrales sera modeste, équivalente à seulement 2% du PIB au cours du prochain semestre, principalement grâce à la Fed et à la BCE.

La Chine reste en grande partie absente de ces efforts. Pékin se trouve en effet sur une corde raide politique: la croissance économique a ralenti à son rythme le plus bas en pratiquement 30 ans, tandis qu’un récent rebond des cours du porc a poussé l’inflation des prix à la consommation à son plus haut niveau en près de huit ans.

D’après notre modèle de valorisation, au niveau international, les actions ne sont ni chères ni bon marché. Malgré tout, les investisseurs devraient pouvoir trouver des opportunités attractives dans certains secteurs et certaines régions. Nous privilégions les actions de la zone euro et des marchés émergents, où nous prévoyons une accélération de la croissance des bénéfices l’année prochaine. Nous percevons aussi de la valeur dans les secteurs de la santé et de la finance.

Les indicateurs techniques sont stables et soutiennent un positionnement neutre vis-à-vis des actions. Ces signaux sont cependant positifs pour les actifs des marchés émergents, en particulier les actions et la dette libellée en devise locale.

02

Secteurs et régions des actions: actions des marchés émergents en hausse

Les actions mondiales sont bien parties pour finir 2019 à des niveaux de valorisation justes, après avoir commencé l’année sur des prix bas. Le ratio cours-bénéfice de l’indice MSCI All World  a grimpé à 15,8x, contre 14x en janvier.

Le ralentissement de la croissance mondiale semble s’atténuer, mais nos indicateurs avancés suggèrent que nous ne toucherons pas le fond avant encore quelques mois. Dans ce contexte, nous avons conservé notre positionnement d’ensemble neutre vis-à-vis des actions mondiales, tout en ajustant légèrement nos allocations sectorielles et régionales pour nous préparer à la stabilisation de la situation économique. 

FIG. 2: Chers biens de consommation de base
Biens de consommation de base mondiaux, ratio dette nette/EBTDA tendanciel
Biens de consommation de base

Source: Refinitiv. Données couvrant la période allant du 26.11.2001 au 26.11.2019.

Sur le plan sectoriel, cela implique de mettre fin à notre surpondération des biens de consommation de base au profit d’un positionnement neutre. Ce secteur défensif est relativement onéreux et il devrait normalement rester à la traîne des valeurs cycliques en cas de léger rebond de la croissance. Les niveaux d’endettement ont également nettement augmenté ces deux dernières années, ce qui incite à la prudence (Fig. 2).

Nous apprécions toujours la finance, à la deuxième place du classement des secteurs les moins chers selon notre modèle de valorisation, ainsi que la santé. Cette dernière est un secteur défensif qui profite de plus en plus de l’augmentation de la demande des consommateurs en produits de confort.

Au niveau régional, les pays émergents offrent les meilleures perspectives de croissance et soutiennent notre surpondération de leurs marchés boursiers. Les valorisations sont raisonnables, même si l’on observe des différences importantes au sein de cet univers. Les actions du Brésil, de Taïwan et de l’Inde sont les plus chères tandis que les marchés polonais, turc et chilien présentent les valorisations les plus attractives.

Plus généralement, quelques signaux laissent entendre que les investisseurs commencent à réaliser l’opportunité offerte par les actions émergentes, étant donné que la classe d’actifs a enregistré des afflux de capitaux record au cours des dernières semaines. Il en est de même pour les actions européennes, une autre région que nous surpondérons.

Ailleurs, nous avons mis fin à notre sous-pondération des actions américaines. Le niveau de notre indicateur avancé sur les États-Unis a battu son record des douze derniers mois1. Les enquêtes conjoncturelles auprès du secteur manufacturier des Fed régionales soutiennent par ailleurs l’idée selon laquelle nous avons atteint un point haut pour l’industrie et la production industrielle, mais il faudra plus de données avant d’annoncer une récession manufacturière en 2018-19. Si nous y ajoutons le fait que les États-Unis restent la région la plus onéreuse de notre modèle de valorisation, nous estimons qu’un positionnement positif n’est pas justifié à ce stade critique et en préférons un neutre. 

03

Obligations et monnaies: une préférence pour la dette des marchés émergents en devise locale

Les perspectives pour les obligations des marchés émergents libellées en devise locale se sont éclaircies, grâce à la stabilisation de l’activité industrielle et à l’amélioration des relations commerciales sino-américaines. Cela devrait aider les devises émergentes à s’apprécier face au dollar et renforcer les performances des obligations en monnaie locale. En outre, même si l’économie mondiale a trouvé une assise plus solide, les banques centrales des pays en développement ne devraient pas prendre de risques. Les politiques monétaires resteront souples, ce qui implique que les rendements supérieurs à 5% actuellement proposés par la classe d’actifs restent attractifs. 
FIG. 3: Valeur relative

Écart de rendement entre les bons du Trésor américain à 10 ans et les Bunds allemands

Écart de rendement entre bons du Trésor et Bunds

Données couvrant la période allant du 15.12.1999 au 27.11.2019. Source: Refinitv.

Notre optimisme au sujet des actifs des marchés émergents n’est cependant pas synonyme de complaisance.

Même si la situation économique s’améliore, nous ne pouvons pas écarter la possibilité d’un brusque retournement négatif de la dynamique du commerce mondial. C’est pourquoi nous avons décidé de signer une police d’assurance: nous surpondérons les bons du Trésor américain à longue échéance. Par rapport aux autres actifs défensifs, qu’il s’agisse des obligations souveraines de la zone euro ou du Japon, les bons du Trésor américain affichent des cours attractifs. Les bons à 10 ans offrent un rendement de 1,75%, contre environ -0,35% pour leur équivalent allemand (voir Fig. 3). Nous surpondérons également l’or pour la même raison. 

Nous maintenons notre positionnement sous-pondéré sur toutes les obligations investment grade ou spéculatives des marchés développés. 

04

Vue d’ensemble des marchés mondiaux

L’espoir d’une résolution de la guerre commerciale sino-américaine et d’un soutien par les banques centrales à des économies chancelantes a poussé les investisseurs à redécouvrir leur appétit pour le risque en novembre.

Les actions ont bondi et atteint de nouveaux records aux États-Unis, tandis que des actifs refuges comme les obligations souveraines et l’or ont été à la peine.

Les actions mondiales ont gagné près de 3% au cours du mois pour afficher une performance exceptionnelle de plus de 20% sur l’année, bien que les analystes aient revu à la baisse les prévisions de bénéfices pour l’ensemble des régions. La plupart des marchés ont enregistré des gains solides, même si les États-Unis ont fait la course en tête avec une hausse de près de 4% au cours du mois. Le meilleur élève de l’année est toutefois la Suisse, qui frôle les 30% de hausse pour les investisseurs en francs suisses, en dépit de l’image défensive de ce marché. Les marchés émergents en retard

FIG. 4: Montée en flèche des actions

Indice MSCI AC World Equity Total Return

montée en flèche des actions

Source: Refinitiv. Données couvrant la période allant du 26.11.2014 au 26.11.2019.

Les valeurs cycliques ont surperformé, les actions technologiques en tête, avec un gain de plus de 5% au cours du mois pour dépasser les 40% sur l’année. À l’inverse, l’énergie est restée à la traîne, avec seulement 8% de hausse depuis le 1er janvier, malgré une augmentation trois fois plus forte des cours du pétrole sur la même période.

L’intérêt pour le risque s’est ressenti jusqu’à certaines parties du marché du crédit: le haut rendement a gagné du terrain des deux côtés de l’Atlantique, tandis que les émissions européennes investment grade, déjà très onéreuses, ont légèrement fléchi.

Les obligations souveraines ont toutefois connu une période difficile. À l’exception des obligations du gouvernement suisse, les obligations d’État des marchés émergents et développés ont reculé au cours du mois, exprimées en devise locale. La dette des marchés émergents a été particulièrement fébrile, avec une baisse de 1,8% sur le mois. Le dollar US a grimpé pratiquement face à toutes les monnaies, les exceptions étant la livre sterling, soutenue par les sondages qui annoncent une victoire des conservateurs aux prochaines élections, et le yuan, qui a profité de perspectives légèrement plus optimistes sur le front du commerce. L’or a cédé plus de 3% au cours des 30 derniers jours.


05

En bref

baromètre décembre 2019

Allocation d’actifs

L’économie mondiale est toujours en ralentissement. Nous restons neutres vis-à-vis des actions et sous-pondérés sur les obligations surévaluées.

Secteurs et régions des actions

Nous dégradons les biens de consommation de base et relevons les actions américaines à neutre.

Obligations et monnaies

Sur le marché obligataire, nous privilégions la dette des marchés émergents et les bons du Trésor américain.