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EM Monitor: Croissance économique en Europe centrale et orientale

Juillet 2019

Découplage entre les économies d'Europe centrale et la zone euro

Les pays d'Europe centrale résistent à la faiblesse de la zone euro et affichent des taux de croissance élevés. Pourquoi et comment les investisseurs peuvent-ils en profiter?

Les économies d'Europe centrale et orientale ont réussi à générer des taux de croissance étonnamment solides et semblent s'être détachées du ralentissement de la zone euro. Cette résistance peut s'expliquer par une demande intérieure élevée, emmenée par les crédits à la consommation. Combien de temps ce boom va-t-il durer et comment les investisseurs peuvent-ils en profiter?
Hausse des crédits à la consommation dans 4 PECO
Fig. 1 - Croissance des crédits à la consommation accordés aux ménages dans 4 PECO
Croissance des crédits à la consommation accordés aux ménages dans 4 PECO

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv, données au mois d'avril 2019

Trois aspects doivent être pris en compte.

1. Tensions sur le marché du travail

Les conditions très serrées sur le marché du travail, liées à des taux de chômage historiquement bas et à une forte croissance de l'emploi, dopent les dépenses des ménages (voir  fig. 2 et 3 ci-dessous).
La baisse du chômage et la croissance de l'emploi se traduisent par des conditions serrées sur le marché du travail
Fig. 2 (à gauche) - Taux de chômage / Fig. 3 (à droite) - Croissance de l'emploi
Taux de chômage et croissance de l'emploi

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv. À gauche: Données de la Hongrie et de la Roumanie, mars 2019; Données de la Pologne, avril 2019; Données de la Rép. Tchèque, mai 2019. À droite: Données de la Rép. Tchèque et de la Hongrie, mars 2019; Données de la Pologne et de la Roumanie, avril 2019.

Cette dynamique s'est répercutée sur les salaires nominaux, qui enregistrent une forte croissance dans les 4 PECO: de 7,1% en République Tchèque à 21,6% en Roumanie – des chiffres en fort contraste avec celui de la zone euro, qui n'affiche que 2,4%.
Contrairement à la zone euro, les 4 PECO affichent des salaires en hausse

Fig.4 - Salaires nominaux, % en glissement annuel, moyenne mobile sur six mois

Salaires nominaux dans 4 PECO

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv Données de la Rép. Tchèque, de la Hongrie et de la zone euro, mars 2019. Données de la Pologne et de la Roumanie, avril 2019.

2. Des salaires à l'inflation des prix à la consommation

Le seconde répercussion, à savoir de la hausse des salaires à l'inflation des prix à la consommation, s'est également concrétisée dans les 4 PECO, ce qui n'est pas le cas dans la zone euro. L'inflation globale et l'inflation de base ont repris (voir ci-dessous).
Un renforcement des salaires qui alimente l'inflation
Fig. 5 - Inflations globale et de base moyennes mesurées par l'IPC, % en glissement annuel
Inflations globale et de base moyennes mesurées par l'IPC

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv Données en mai 2019 hormis celles qui concernent la zone euro, arrêtées en juin 2019.

3. Banques centrales

Compte tenu de l'augmentation des pressions inflationnistes, logiquement, les banques centrales devraient accentuer les mesures visant à contenir l'inflation. Or, c'est la pièce manquante du puzzle jusqu'ici, sauf en République Tchèque et, dans une moindre mesure, en Roumanie.
Des banques centrales qui tardent à répondre aux pressions inflationnistes

Fig. 6 (à gauche) - Principaux taux directeurs des banques centrales / Fig. 7 (à droite) - Inflation mesurée par l'IPC et l'IPP en roumanie

Principaux taux directeurs des banques centrales; Inflation mesurée par l'IPC et l'IPP en Roumanie

Source: Pictet Asset Management, CEIC, Refinitiv. À gauche: données en juin 2019, hormis celles qui concernent la zone euro, arrêtées en mai 2019. À droite: inflation mesurée par l'IPP en april 2019, inflation mesurée par l'IPC en juin 2019.

L'exemple le plus préoccupant est la Roumanie, où l'inflation a fait un bond et dépassé la fourchette cible (voir fig. 7 ci-dessus, à droite), après quoi la banque centrale a commencé à normaliser sa politique monétaire l'an dernier avant de lever le pied.

Les investisseurs doivent guetter la prochaine normalisation de la politique monétaire dans les 4 PECO. Cela se justifie par les conditions intérieures positives, qui alimentent l'augmentation de l'inflation de base. Une situation dont rêverait la zone euro, qui est malheureusement à l'autre extrémité du classement. Les investisseurs doivent cependant aussi surveiller certaines économies à risque du fait de l'augmentation des déficits des transactions courantes, qui détériorent les finances publiques et élargissent la dette publique. Cela concerne plus particulièrement la Roumanie et la Hongrie.

Conclusion

La croissance des 4 PECO, emmenée par les salaires, explique leur large résistance au ralentissement observé dans la zone euro. Nous pensons que cette situation offre des opportunités d'investissement, notamment dans le domaine des actions (voir section suivante).
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L’AVIS DE NOTRE ÉQUIPE EMERGING EUROPE EQUITY

Par Christopher Bannon, Senior Investment Manager, Pictet Emerging Europe

Si la marée montante profite à tous, un boom économique ne se répercute pas toujours sur toutes les actions – cela se vérifie dans les 4 PECO. Prenons la Pologne, la sous-performance affichée depuis le début de l'année par des secteurs qui ont une influence majeure sur les indices, comme la finance et l'énergie, contraste avec la nette surperformance des valeurs d'entreprises à moyenne capitalisation dans le domaine des biens de consommation de base et des services de consommation.

Les secteurs axés sur la consommation mènent la marche

Fig. 1 - Indices MSCI Pologne

Indices MSCI Pologne

Source: Pictet Asset Management, Bloomberg L.P., au 30.06.2019

La croissance dopée par la consommation se fait aux dépens des banques et des entreprises du secteur de l'énergie – qui sont les sources de financement budgétaire d'une politique expansionniste.
De plus, les marchés des 4 PECO sont chers par rapport à leurs homologues de référence*, à savoir la Russie et la Turquie (voir tableau ci-dessous).
Les marchés des 4 PECO sont chers par rapport à leurs homologues de référence*
Fig. 2 - Valorisations dans les 4 PECO
Valorisations dans les 4 PECO

Source: Pictet Asset Management, Factset, au 30.06.2019

Résultat: nous considérons les économies de ces 4 PECO comme des marchés qui réclament une sélection minutieuse des titres et une stratégie d'investissement à forte conviction. Pour l'instant, nous maintenons nos positions essentiellement dans des entreprises polonaises exposées aux dépenses de consommation, ce qui exclut les institutions financières et les banques.