I am Article Layout


Sélectionnez votre profil:

Contenu réservé au type d'investisseur sélectionné.

Vous souhaitez accéder au site pour Investisseurs particuliers?

Emerging Market monitor - Comment les taux d’intérêt vont-ils évoluer?

Septembre 2020

Les banques centrales des marchés émergents ont-elles tiré leurs dernières cartouches?

Ces derniers mois, la plupart des banques centrales des marchés émergents ont fortement abaissé leurs taux directeurs pour atténuer les retombées économiques négatives de la pandémie. Cette situation est-elle durable et à quoi devons-nous nous attendre pour demain?

Trouver le point d’équilibre

Selon nos calculs propriétaires, quatre grandes banques centrales des marchés émergents ont réduit leur taux directeur de façon trop agressive: l’Afrique du Sud, l’Inde, l’Indonésie et, dans une autre mesure, la Turquie.
Cette sensation désagréable...
Fig.1  - Taux directeurs de certains marchés émergents par rapport à nos estimations de juste valeur d’équilibre,  calculées à l’aide de notre modèle propriétaire de règle de Taylor
Fig.1 - comparaison des taux directeurs des principaux marchés émergents et de nos prévisions de juste valeur selon notre modèle de règle de Taylor

Source: Pictet Asset Management, Refinitiv, CEIC, août 2020

À partir de notre modèle propriétaire de règle de Taylor, nous estimons que la juste valeur du taux directeur turc s’élève à 14%, et non pas 8,25%. Nous nous appuyons pour cela sur la récente poussée d’inflation et sur la dépréciation de la monnaie locale. À l’inverse, la Banque de Russie et la Banque de Corée semblent avoir adopté des mesures politiques appropriées.

Et pour les 12 prochains mois ?

La figure 2 montre nos attentes au sujet de l’évolution des taux directeurs au cours de l’année à venir, d’après nos estimations de la juste valeur. Pour la plupart des marchés émergents, la juste valeur estimée des taux directeurs est bien plus élevée en 2021. Cela montre que la plupart des banques centrales ne disposent plus de marges de manœuvre supplémentaires et devraient progressivement revenir à des taux plus élevés, sur fond d’apaisement du choc économique provoqué par la pandémie.

Le chemin du retour...
Fig. 2 - Variation implicite des taux directeurs en 2021 d’après nos estimations de l’évolution de la juste valeur en 2021 et les taux directeurs effectifs au T3 2020
Fig.2 - à quel point les taux directeurs des marchés émergents doivent changer pour correspondre à nos estimations de la juste valeur en 2021

Source: Pictet Asset Management, Refinitiv, CEIC, août 2020

La Corée du Sud, l’Afrique du Sud et la Russie affichent les niveaux les plus marqués. Bien que nous considérions que ces marchés ont réduit leurs taux directeurs de façon appropriée pendant l’épidémie, nous estimons qu’ils vont devoir commencer à les relever plus rapidement en 2021, étant donné qu’un rebond plus prononcé de leur économie est attendu.

Pour d’autres banques centrales, cependant, il pourrait être plus raisonnable de maintenir les politiques monétaires au même niveau en 2021. C’est particulièrement vrai pour le Mexique.

Une fois encore, la Turquie occupe une place à part, puisque notre modèle appelle des baisses de taux significatives en 2021, totalement à l’opposé des recommandations de politique pour le trimestre actuel.

Cela s’explique par le processus désinflationniste significatif qui se déroule actuellement et par le retour progressif à la croissance économique, qui devrait se produire au cours de l’année à venir si les autorités adoptent les mesures de politique appropriées pour stabiliser la livre, et éviter ainsi une crise totale de la balance des paiements. Si ce scénario positif se concrétise, cela profitera aux actifs risqués l’année prochaine. Résultat: la situation va empirer avant de s’améliorer.

Est-il temps de regarder au-delà des taux?

Néanmoins, si les possibilités de modification des taux directeurs sont de plus en plus minces dans les marchés émergents, qu’en est-il des outils monétaires non conventionnels pour stimuler l’économie?

Le tableau ci-dessous montre que seules les banques centrales d’Afrique du Sud, d’Indonésie et de Pologne se sont lancées dans un programme d’achat d’actifs (QE) portant sur le marché secondaire des obligations souveraines (et, dans le cas de l’Indonésie, éventuellement sur les obligations d’entreprise).

La plupart des grandes banques centrales des marchés émergents (Chine, Inde, Corée, Turquie, Russie, Brésil et Mexique) n’ont pas encore lancé de programme de QE en tant que tel. Malgré tout, ces pays ont mis en place différents régimes de refinancement pour apporter des liquidités suffisantes au marché interbancaire et soutenir l’activité de crédit des banques et l’économie réelle.

État des lieux
Fig.3 - Nos points de vue sur la politique menée par certaines banques centrales des marchés émergents
Fig.3 - notre tableau résumé des taux directeurs, des programmes de QE et de nos attentes vis-à-vis des principales banques centrales des marchés émergents

Source: Pictet Asset Management, Refinitiv, CEIC, août 2020. *D’après notre modèle de règle de Taylor.

Près de la moitié des grandes banques centrales des marchés émergents devraient assouplir davantage leur politique au cours des mois à venir. C’est le cas de la Chine, de l’Indonésie, de la Russie, du Brésil et du Mexique, ce qui suggère que les acteurs du marché, voire peut-être les banques centrales elles-mêmes, n’estiment pas manquer de munitions. Cependant, comme le laisse entendre notre modèle, nous pensons qu’un nouvel assouplissement monétaire sera très difficile, notamment en Afrique du Sud et en Russie, ainsi qu’en Turquie à court terme.