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Décryptage

Quels sont les indicateurs qui font réagir les marchés ?

Avril 2020

Ils chutent déraisonnablement, puis semblent remonter sans explications : en réalité, les comportements des marchés s’expliquent souvent par la publication d’une information forte. Au-delà de l’actualité internationale qui peut les plonger dans l’incertitude, ils réagissent surtout à une série d’indicateurs économiques publiés de façon très régulière.

A la baisse un jour, à la hausse le lendemain, les marchés financiers sont volatils. Mais leurs mouvements ne sont pas le fruit du hasard : ils réagissent à l’actualité du monde. Outre les nouvelles auxquelles ils ne sont pas préparés (comme le vote du Brexit ou le confinement), ils répondent à des indicateurs économiques publiés selon un calendrier précis.
Les indicateurs américains sont les plus suivis : ils conditionnent non seulement la santé économique outre-Atlantique, mais aussi celle de l’ensemble du monde. En Europe, ces indicateurs sont souvent plus difficiles à suivre, car chaque pays a ses propres méthodes de calcul. Mais Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, tente depuis plusieurs années une harmonisation de ces chiffres.

Quatre grands indicateurs d’activité

Les quatre principaux indicateurs d’activité à suivre, pour ceux qui veulent comprendre l’évolution des marchés, sont :

  • Le PIB
  • Les indices PMI
  • Les inscriptions au chômage
  • Les indices de confiance

Le Produit intérieur Brut (PIB) des différentes zones est publié tous les trois mois. Il mesure la richesse produite par les différents pays. Les observateurs des marchés scrutent très attentivement ceux des Etats-Unis, de la zone euro et de la Chine. La publication du PIB a un point faible : elle reflète une tendance déjà passée, puisque l’activité mesurée a démarré trois mois plus tôt. Pour avoir des indications sur l’activité plus récente, on observe d’autres indicateurs, publiés plus fréquemment.

Les indices PMI, pour « Purchasing Manager’s Index », sont le résultat d’enquêtes effectuées tous les mois auprès de plusieurs centaines de directeurs d’achat, et qui compilent des données variées comme les stocks, les délais de livraison, les prix… Il existe un PMI manufacturier, appelé ISM (Institute for Supply Management, l’organisation qui fabrique cet indice), et un autre pour le secteur des services. Ces deux indicateurs sont indiqués en pourcentage : s’il est supérieur à 50%, l’activité se développe, en-dessous, elle se réduit. Les indices PMI sont publiés aux Etats-Unis, en Europe et en Chine.

Aux Etats-Unis, un autre indicateur peut donner encore plus rapidement la température économique du pays : ce sont les nouvelles inscriptions au chômage, divulguées chaque semaine. Les Etats-Unis publient également chaque mois leur taux de chômage, tout comme Eurostat pour la zone euro.

 

Les marchés suivent également les indices de confiance. L’indice Michigan reflète tous les mois le moral des ménages américains. La Commission européenne publie chaque mois un indicateur semblable pour l’Union européenne. Autre statistique scrutée avec attention : l’IFO, l’indice de confiance des chefs d’entreprises allemands. Pour les marchés, cet indice donne la température du climat des affaires pour toute l’Europe.

 

Parmi les autres indicateurs observés attentivement par les marchés, on trouve aussi les ventes de logements, le nombre de mises en chantier et les ventes automobiles.

Les interventions des banques centrales

Les marchés suivent aussi régulièrement les différentes interventions des présidents des grandes banques centrales : la FED (Federal Reserve System, la banque centrale américaine), la BCE (Banque centrale européenne), la BoJ (Bank of Japan) et la BoE (Bank of England), entre autres. Ce sont elles qui assurent la stabilité du système monétaire et financier.

Dans les périodes classiques, elles ajustent les taux d’intérêt auxquels elles prêtent aux établissements bancaires, et fixent ainsi une grande partie des conditions d’emprunt. Traditionnellement, en période de crise, elles baissent leurs taux d’intérêts, avec pour but affiché de faciliter l’accès au crédit des agents économiques (États, entreprises, ménages).

Depuis quelques années, alors que les taux de marché sont devenus négatifs dans beaucoup de pays développés, les banques centrales ont adopté une autre technique de soutien à l’économie : elles achètent des actifs aux banques, ce qui libère des liquidités et encourage les établissements bancaires à prêter. Ces dernières semaines, elles ont annoncé des mesures massives de soutien à l’économie : le 15 mars, la FED a dévoilé un programme d’urgence de 700 milliards de dollars, suivie le 19 mars par la BCE (750 milliards d’euros).

Pour les investisseurs, cela signifie deux choses :

  • Le crédit va rester bon marché
  • Les économies mondiales, aidées par les banques centrales mais aussi par les États, seront suffisamment soutenues pour repartir une fois le confinement terminé.

Les points essentiels à retenir

  • Les hausses et les baisses des marchés peuvent être liées à des informations faciles à suivre.
  • L’actualité internationale les fait réagir : résultat inattendu du referendum sur le Brexit, mesures de confinement liées au coronavirus…
  • Les indicateurs, publiés régulièrement et qui mesurent l’activité économique, sont très suivis.
  • Les interventions des banques centrales sont aussi surveillées de près.