ABONNEZ-VOUS À NOTRE LETTRE D'INFORMATION

Pour suivre nos actualités et nos analyses de marché

Placements

Anticiper les études de ses enfants

Avril 2020

Les dépenses nécessaires à la poursuite d’études supérieures prennent une place de plus en plus importante dans le budget des ménages, et pour les parents, c’est une préoccupation croissante… Heureusement, le temps joue pour eux, et leur donne la possibilité de mettre en place des stratégies d’épargne efficaces.

Comme toutes les dépenses prévisibles, les frais de scolarité de ses enfants dans l’enseignement supérieur, et l’accompagnement financier de leur autonomie (chambre universitaire, location d’un studio…), doivent être pensés et préparés bien en amont de leur formation diplômante.
Une étude réalisée en 2018 par l’institut CSA research pour Cofidis a chiffré le budget moyen consacré par les Français aux études à 7 118 euros par an et par enfant. La fourchette s’étale de 6 473 euros pour ceux qui font leurs études à l’université, à plus de 10 000 euros par an pour ceux qui sont inscrits dans des écoles de commerce. Et il ne s’agit là que de moyennes, car certaines écoles affichent des frais d’inscription bien plus élevés. Il faut, en outre, prévoir une ou des années de césure à l’étranger. Des dépenses importantes qu’il va falloir anticiper… Plus les parents s’y prennent tôt, plus ils pourront débloquer, le moment venu, d’importantes ressources.

Une solution efficace sur le long terme : l’immobilier locatif

Pour ceux qui disposent de quinze ou vingt ans, la solution la plus efficace est l’immobilier locatif. En achetant à crédit un appartement, ils fournissent un effort d’épargne régulier, mais ils en font financer une grande partie par leur locataire. Ainsi, pour un bien nécessitant un emprunt de 220 000 euros travaux compris, il faut débourser 1 103 euros de mensualités. Sur cette somme, on peut estimer que 400 euros seront payés par les propriétaires, et 700 euros par le locataire. Attention, il faut aussi prévoir les charges de copropriété (le locataire ne finance qu’une partie des charges courantes) et la fiscalité. Celle-ci peut être très adoucie si d’importants travaux sont réalisés et si le bien est loué meublé. L’achat immobilier est lourd à mettre en œuvre et demande un peu d’implication, mais elle a le mérite d’être contraignante dans la durée : l’effort d’épargne mis en place ne s’interrompt que si le bien est revendu.

Au bout de quinze ou dix-huit ans, les propriétaires ont deux solutions :

  • Attendre d’avoir totalement remboursé le bien et compter sur l’encaissement régulier des loyers pour augmenter leurs revenus.
  • Revendre leur bien et libérer une forte somme. Après dix-huit ans, sur 220 000 euros, le capital restant dû est inférieur à 25 000 euros. A supposer qu’aucune plus-value ne soit réalisée et que l’appartement soit revendu 220 000 euros, les propriétaires dégagent un capital de 195 000 euros. Si l’appartement est revendu plus cher, l’impôt sur la plus-value est, en l’état actuel, nettement dégressif.

Penser au PEA ou à l’assurance vie avec des investissements réguliers

Certains parents ont peu de capacité d’endettement, ou moins de temps avant l’échéance des études de leurs enfants. Ils peuvent alors se tourner vers un investissement régulier dans un placement financier. Mais lorsqu’ils ont plus de cinq ans devant eux, la pire des erreurs consiste à opter pour un placement sûr, au rendement très faible. Il faut au contraire profiter de la longue durée de l’investissement pour prendre davantage de risques. Avec un meilleur rendement, l’épargnant réinvestit davantage d’argent tous les ans, et l’effet boule de neige de son placement est décuplé. Par ailleurs, même si les actions et les obligations peuvent subir de fortes secousses comme c’est le cas en ce mois de mars 2020, le temps permet d’effacer les creux et les bosses des marchés. Et il est possible, à mesure que la majorité des enfants approche, de sécuriser une partie du capital.

Les deux principales enveloppes pour investir en Bourse sur le long terme sont l’assurance vie et le Plan d’épargne en actions (PEA). Toutes deux autorisent l’investissement régulier. Le PEA est réservé aux personnes majeures, il sera donc ouvert au nom des parents. En revanche, il est possible de souscrire un contrat d’assurance vie au nom d’un mineur. On peut même y adjoindre un pacte qui, jusqu’aux 25 ans du bénéficiaire, permet aux parents d’avoir un droit de regard sur la façon dont les sommes sont dépensées. En pratique, cela n’est pas toujours simple à mettre en œuvre, et certains établissements n’autorisent pas de placements risqués pour les mineurs. Dans la plupart des cas, pour conserver la main sur l’épargne

Points essentiels à retenir

Les études supérieures peuvent coûter plus de 10 000 euros par an et par enfant. Pour anticiper cette future dépense, il y a plusieurs solutions.

  • L’immobilier locatif impose un effort d’épargne significatif et régulier mais permet de libérer un capital élevé au bout de quinze ou dix-huit ans.
  • Les placements financiers offrent de bonnes perspectives de rendement à condition d’accepter une part de risque.