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Placements

L’assurance vie conserve de nombreux atouts

Avril 2020

Elle a longtemps été l’enveloppe d’épargne favorite des Français. Mais à présent que les placements en actions et l’épargne retraite profitent de nouveaux avantages, l’assurance vie présente moins d’intérêt. Il ne faut pourtant pas la délaisser, car elle a sa place dans une stratégie patrimoniale avisée.

La crise sanitaire du coronavirus a déclenché une crise économique et financière sans précédent, et beaucoup d’épargnants se sentent un peu perdus. Certains profitent même de cette pause forcée pour réfléchir de façon plus posée à leurs placements, et songent à réinvestir massivement dans leurs contrats d’assurance vie.
A long terme, pourtant, ce choix n’est pas forcément pertinent, car l’assurance vie, depuis la loi Pacte du 22 mai 2019, a perdu quelques-uns de ses avantages compétitifs. En effet, la loi Pacte, qui avait pour vocation de renforcer le financement des entreprises, a redonné du lustre à deux enveloppes jusqu’ici peu considérées par les épargnants français : le Plan d’épargne en actions (PEA) et les Plans d’épargne retraite individuels (PER individuels).

Deux nouveaux concurrents de poids

Le Plan d’épargne en actions (PEA) correspondait, de longue date, à l’enveloppe à privilégier en matière fiscale : à condition de n’effectuer aucun retrait pendant cinq ans, tous les gains (dividendes et plus-values) étaient exonérés d’impôt. Seuls les prélèvements sociaux (17,2%) étaient dus. Mais une fois que le titulaire du PEA avait retiré une partie des fonds, son plan était fermé s’il avait moins de huit ans. Même s’il n’effectuait qu’un retrait partiel après les huit ans du plan, il ne pouvait plus réinvestir. A présent, à partir des 5 ans du PEA, les retraits sont autorisés et n’entraînent plus la clôture du plan. Il est donc possible de réinvestir. Ainsi, avec un PEA de plus de cinq ans, les épargnants peuvent entrer et sortir librement, le tout dans des conditions fiscales imbattables. Pour obtenir la même fiscalité avec l’assurance vie, il faut attendre huit ans, et elle ne s’applique que jusqu’à 4 600 euros d’intérêts rachetés chaque année pour une personne seule (9 200 euros pour un couple).

L’épargne retraite, de son côté, présentait un défaut majeur : il n’était pas possible d’en sortir avant la retraite. En outre, seuls 20% de la somme amassée pouvaient être récupérés sous forme de capital, dans le meilleur des cas. Le reste était restitué sous forme de rente viagère. La loi Pacte a levé ces deux contraintes. Les candidats à l’acquisition de leur résidence principale peuvent maintenant utiliser leur épargne retraite à tout moment, et la sortie des nouveaux Plans d’épargne retraite individuels (PER individuels) peut avoir lieu intégralement sous forme de capital.

En conférant ces nouveaux atouts aux PEA et aux PER individuels, la loi Pacte a fait perdre à l’assurance vie une partie de la singularité qu’elle offrait : sa souplesse. Avec des versements et des rachats possibles à tout moment, et une épargne toujours disponible, l’assurance vie rassurait les épargnants, même lorsqu’ils plaçaient leurs économies dans une optique de long terme. Désormais, elle n’a plus le monopole de la simplicité.

En-dessous de 150000 euros de versements, la fiscalité reste attractive

L’amélioration très nette du PEA et du PER individuel ne doit pas pour autant pousser les épargnants à bouder leur contrat d’assurance vie. D’abord, parce que la fiscalité de l’assurance vie reste attractive en-dessous de 150 000 euros investis, tous contrats confondus. Au-delà de huit ans, et en-dessous de 4 600 euros d’intérêts rachetés par an, seuls les prélèvements sociaux sont dus. Les épargnants qui ont investi plus de 150 000 euros sur leurs contrats sont, eux, davantage taxés. Les rachats qui portent sur les versements dépassant ce montant sont soumis à la flat tax : 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux.

Ensuite, l’assurance vie conserve des avantages considérables en matière de transmission. Lorsque le souscripteur a épargné sur son contrat avant ses 70 ans, il peut laisser jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire en totale franchise d’impôt. Cela vaut pour ses enfants, mais aussi pour une personne proche avec laquelle il n’a pas de lien de parenté, qui devrait payer 60% de droits si la somme entrait dans la succession. Cela signifie que si un souscripteur souhaite gratifier trois bénéficiaires, il peut transmettre jusqu’à 457 500 euros sans que cette somme soit soumise à aucun impôt. Même les sommes épargnées après 70 ans, à concurrence de 30 500 euros, ont une fiscalité allégée.

Les points essentiels à retenir

  • A présent que la loi Pacte a donné de nouveaux atouts au PEA et au PER individuel, l’assurance vie a perdu de son attrait.
  • Elle était plébiscitée par les Français pour la disponibilité des fonds qu’elle autorisait.
  • Elle reste attractive sur le plan fiscal pendant la vie du contrat pour ceux qui détiennent moins de 150 000 euros sur leurs contrats.
  • Elle est un peu plus taxée pour ceux qui ont épargné plus de 150 000 euros.
  • Tous les souscripteurs, quel que soit le montant versé sur leurs contrats, profitent encore d’une transmission à leurs bénéficiaires à des conditions fiscales imbattables.