ABONNEZ-VOUS À NOTRE LETTRE D'INFORMATION

Pour suivre nos actualités et nos analyses de marché

Placements

Comment investir les primes versées par votre employeur ?

Mars 2020

Au moment de percevoir leur prime, les salariés qui touchent un intéressement, une participation et parfois un abondement hésitent souvent sur l’investissement de leurs fonds. Pour faire leur choix, ils doivent prendre en compte un certain nombre de paramètres.

Le délai est souvent court : une quinzaine de jours, à peine, c’est le temps dont disposent les salariés pour décider comment ils investissent les primes qu’ils logent dans un Plan d’épargne entreprise (PEE), dans un Plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) ou dans un Plan d’épargne retraite (PER) d’entreprise collectif.

Avant de se décider, ils doivent comprendre la composition des différents FCPE (fonds communs de placement d’entreprise) et prendre en compte des paramètres qui sont propres à leur situation personnelle.

 

Souvent, les fonds proposés sont des FCPE. Ils sont gérés par la société de gestion de l’établissement teneur de compte et réservés aux salariés. Dans la plupart des cas, pour simplifier la compréhension, ils portent un nom facile à comprendre : monétaire, prudent, mixte, dynamique, offensif… Ils sont investis dans différents actifs achetés sur les marchés :

  • Des titres monétaires (dettes de très court terme). Le nom du fonds mentionne souvent sa composante monétaire.
  • Des obligations (dettes de moyen à long terme), résumées souvent par la mention « obligataire » ou « prudent »
  • Des actions (fonds action), sous la mention « dynamique », « offensif », ou « actions »
  • Un mélange d’actions, d’obligations et de titres monétaires (fonds mixtes). Plus la part d’actions est élevée, plus le risque est important.

Pour les investissements dynamiques, il faut avoir du temps devant soi

En contrepartie d’une prise de risque supérieure, les investissements en actions offrent de meilleures perspectives de gain. Mais ils sont soumis à une amplitude nettement plus forte : les marchés l’ont récemment prouvé, ils peuvent s’apprécier de 19% en moins de quatre mois, et dévisser de 33% en trois semaines ! Pour tous les investissements en Bourse, qu’ils soient réalisés, ou non, dans le cadre de l’épargne salariale, il faut avoir du temps devant soi pour ne pas être obligé de vendre ses titres au pire moment.

Les FCPE « offensifs » ou « dynamiques » sont donc à réserver exclusivement à l’épargne dont le salarié est certain de ne pas avoir besoin pendant cinq à dix ans. S’il a moins de temps devant lui, il doit s’orienter vers des FCPE « équilibrés » ou « prudents ». Une personne qui envisage, par exemple, d’acquérir sa résidence principale dans les trois ans, et qui compte sur son épargne salariale pour se constituer un apport, doit investir ses économies de façon prudente.

En revanche, un quadragénaire qui loge une partie de sa prime dans un Plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) ou dans un Plan d’épargne retraite (PER) d’entreprise collectif le fait souvent dans une optique de très long terme, et ne pourra pas débloquer ses fonds avant l’âge de sa retraite. Il peut donc orienter son épargne vers un FCPE très dynamique. Sa perspective de gain sera nettement meilleure, et dans le cas où ses titres se déprécieraient fortement, ils auront tout le temps de regagner des valorisations normales. 

Un paramètre important : le patrimoine global du salarié

Avant de choisir son support d’investissement, le salarié doit également tenir compte de sa situation patrimoniale. Plus il a avancé dans la constitution de son épargne, plus il peut se permettre d’exposer ses primes au risque des marchés.

S’il a déjà acquis sa résidence principale, et un peu avancé dans le remboursement de son capital, s’il est déjà en possession d’une épargne de précaution (entre trois et six mois de salaire immédiatement disponibles), d’une épargne dite sécurisée avec un plan d’épargne logement ou d’un contrat d’assurance vie en euros, il peut s’autoriser une prise de risque maximale pour son intéressement et sa participation.

Si toute son épargne financière est investie dans un plan d’épargne en actions, ou dans des unités de compte « dynamiques » de son contrat d’assurance vie, au contraire, il devra réduire la part de risque sur son PEE, son PERCO ou son PER d’entreprise collectif.

S’il a accès à un dispositif d’actionnariat salarié, et que les actions de son entreprise représentent une part importante de son patrimoine, il devra se tourner vers des FCPE dits prudents ou équilibrés. Certains FCPE incluent d’ailleurs une forte part d’actions de l’entreprise, il faut y être attentif.

Beaucoup de dispositifs d’épargne salariale proposent aussi des FCPE gérés de façon responsable. Si l’investissement socialement responsable (ISR) est une notion importante aux yeux du salarié, elle ne dit rien sur la part de risque de l’investissement. Même s’il privilégie une gestion responsable, l’épargnant doit aussi considérer la proportion d’actions et d’obligations dans ce FCPE, pour connaître la part de risque qu’il prend.

Même si la gestion de l’épargne salariale est déléguée à l’entreprise et à un gestionnaire d’actifs, le titulaire doit la considérer comme faisant pleinement partie de son patrimoine, et tenir compte de sa situation personnelle avant de l’investir.

Points essentiels à retenir

  • Les salariés ne savent pas toujours dans quels fonds communs de placement d’entreprise (FCPE) investir.
  • S’ils ont du temps devant eux, ils peuvent investir de façon dynamique.
  • Si le reste de leur patrimoine est investi de façon plutôt sécurisée, ils peuvent exposer leur épargne au risque de marché.
  • S’ils doivent récupérer rapidement leur épargne ou qu’ils détiennent déjà une part importante d’actions, ils doivent au contraire investir dans des FCPE prudents.

Les différents dispositifs d’épargne salariale en quelques chiffres