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L’épargne salariale, une aubaine pour 10,9 millions de Français

Mars 2020

L’épargne salariale aide les actifs du secteur privé à se constituer une épargne de moyen-long terme. Malheureusement, elle concerne majoritairement les salariés des grandes entreprises. Les pouvoirs publics encouragent sa diffusion avec des incitations fiscales et sociales pour les plus petites sociétés.

Avec 140 milliards d’euros d’encours, l’épargne salariale occupe une place centrale dans la construction du patrimoine des Français. Certes, c’est près de trois fois moins que le livret A et ses 410 milliards d’euros. Mais l’épargne salariale concerne également six fois moins de personnes : 10,9 millions au dernier pointage de l’AFG, l’Association française de la gestion financière.
En moyenne, chaque bénéficiaire dispose de 12 840 euros sur son plan d’épargne salariale. De quoi s’agit-il exactement ? Lorsque les salariés reçoivent une participation aux bénéfices et/ou un   intéressement aux performances de l’entreprise, ils ont deux possibilités : encaisser directement ces sommes (qui sont alors soumises à l’impôt sur le revenu) ou les loger dans un dispositif d’épargne de moyen ou long terme. Dans ce cas, leurs primes sont totalement exonérées d’impôt. Les prélèvements et cotisations sociales sont les mêmes, en revanche, que le salarié perçoive ses primes directement ou qu’il choisisse de les placer : 9,7% de CSG-CRDS, et un forfait social qui varie entre 0 et 20% selon la taille de l’entreprise. En outre, lorsque le salarié effectue des versements volontaires, il est fréquent que l’entreprise abonde, c’est-à-dire qu’elle verse une somme supplémentaire pour encourager cet effort d’épargne. 

L’épargne n’est pas toujours investie dans l’économie productive

Parmi ceux qui ont accès à ces dispositifs, on trouve 10,9 millions de souscripteurs de plans d’épargne entreprise (PEE), une enveloppe qui impose de laisser son capital investi pendant cinq ans minimum, tout en offrant un grand nombre de possibilités de déblocage, comme le mariage, l’acquisition de la résidence principale, le divorce ou la rupture d’un PACS. En outre, 3 millions de Français sont aussi bénéficiaires d’un Plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) ou de son successeur, le Plan d’épargne retraite (PER) d’entreprise collectif.

Ces enveloppes sont dédiées à une épargne de long terme puisque le salarié ne peut en percevoir les sommes avant d’avoir liquidé sa retraite, sauf s’il acquiert sa résidence principale. Dans les textes, les entreprises peuvent proposer l’une ou l’autre de ces solutions. Dans la pratique, elles offrent plus souvent un PEE, et, pour celles qui sont le mieux équipées, un PERCO ou un PER d’entreprise collectif vient compléter ce dispositif. Sur les 140 milliards d’euros d’encours, seuls 19 milliards sont logés dans les PERCO ou les PER d’entreprise collectif.

Malheureusement, lorsqu’il leur faut décider comment sera investie leur épargne, les salariés sont souvent désorientés. S’ils travaillent dans des sociétés cotées, ils ont souvent la possibilité d’entrer au capital de leur entreprise en utilisant leur prime pour acheter des actions. Souvent l’employeur abonde, c’est-à-dire qu’il offre une action pour une ou plusieurs actions achetées par le salarié. Ainsi, l’épargne est investie dans l’économie productive, et sur le long terme les salariés sont souvent gagnants, même si le montant de leur investissement est encadré.

Mais lorsque la société n’est pas cotée, ou que l’employeur ne souhaite pas ouvrir le capital aux équipes (c’est souvent le cas dans les PME), les salariés prennent nettement moins de risque et ne tiennent que rarement compte de l’horizon de placement relativement long qui est le leur. Faute de conseil, et de culture financière, beaucoup préfèrent miser sur des fonds communs de placement très peu risqués, mais dont le potentiel d’appréciation est faible. C’est dommage : à moins d’avoir un projet à court terme, l’épargne salariale est l’outil idéal pour dynamiser ses placements. En effet, si les investissements en actions sont associés à un risque élevé, le temps permet de regagner les éventuelles pertes en cas de baisse sur les marchés

L’épargne salariale, un outil appelé à se démocratiser

Si elle apporte un bénéfice substantiel aux salariés, l’épargne salariale n’est que peu présente dans les très petites, petites et moyennes entreprises. Selon l’Association française de la gestion financière, 319 000 entreprises de moins de 250 salariés étaient équipées à la fin 2018. Or, selon l’Insee, ces entreprises (sans intégrer les micro-entrepreneurs) sont plus de 2,8 millions en France.

Pour encourager une plus large diffusion de l’épargne salariale, les pouvoirs publics, via la loi Pacte, ont concédé des efforts important :

  • Le forfait social (une taxe de 20 % acquittée par l’employeur) sur l’intéressement, la participation et l’abondement a été supprimé pour les entreprises qui comptent moins de 50 salariés.
  • Le forfait social a été supprimé sur l’intéressement pour les entreprises de 50 à 250 salariés. La participation et l’abondement, dans ces sociétés, y sont toujours soumis.
  • Les branches professionnelles ont été invitées à mener des négociations auprès des établissements financiers pour proposer des outils interentreprises d’épargne salariale avec les meilleurs tarifs. La date butoir fixée est le 31 décembre 2020.

Ainsi, très prochainement, les petites structures vont pouvoir s’équiper dans de très bonnes conditions.

Points essentiels à retenir

  • L’épargne salariale représente 140 milliards d’euros répartis entre 10,9 millions de Français.
  • Alors qu’elle constitue un outil d’épargne de moyen-long terme, elle n’est pas toujours investie de façon dynamique, sauf lorsque l’entreprise propose en sus un système d’actionnariat salarié.
  • Les petites entreprises sont encore peu équipées mais sont incitées à le faire par la suppression, totale ou partielle, du forfait social, selon leur taille et le dispositif retenu.