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Environnement

Investir en changeant son impact sur l’environnement

Avril 2020

Et si la crise sanitaire provoquait ces changements environnementaux que beaucoup rejetaient en bloc ? Moindre usage des transports, plans de relance orientés vers la réduction des émissions de gaz à effet de serre… Pour les investisseurs, il est possible d’anticiper tous ces bouleversements. Une opportunité à considérer.

La crise sanitaire du Covid-19 nous le rappelle un peu plus chaque jour : les décisions de l’homme sont souvent dommageables à l’environnement. La situation se retourne malheureusement parfois contre lui.
On parle parfois d’Anthropocène, cette ère dans laquelle l’activité humaine n’est plus neutre pour la planète, mais, au contraire, produit un effet sur ses activités géologiques et sur l’ensemble de l’écosystème. Ce sont les hommes qui, avec une industrialisation à marche forcée, ont dévasté les zones dans lesquelles vivaient des animaux avec lesquels ils ne cohabitaient pas. Ces espèces, progressivement privées de leur environnement habituel, ont été fragilisées et sont tombées plus facilement malades. Dans le même temps, elles ont migré vers des zones davantage occupées par les hommes, ce qui a induit un plus grand nombre de contacts. Pour un grand nombre de scientifiques, ce sont donc les hommes eux-mêmes qui ont créé les conditions des zoonoses, ces maladies qui touchent un animal et migrent vers l’espèce humaine.

Des habitudes bouleversées et de nouveaux usages

Il est probablement illusoire de s’imaginer que le monde changera radicalement lorsque la planète sortira de cette épidémie. Pourtant, la crise que nous traversons risque d’entraîner quelques changements importants. « La conscience des problèmes environnementaux ne va pas s’arrêter, bien au contraire », prévoit Gabriel Micheli, gérant de la stratégie Global Environmental Opportunities de Pictet.

Les semaines de confinement imposées, ici et ailleurs, ont bouleversé nos habitudes : ceux qui le peuvent travaillent à distance, aidés en cela par de nombreux outils de téléconférence performants. Au-delà du télétravail qui s’est diffusé à grande échelle, d’autres changements devraient suivre. « Les consultations de santé à distance vont se développer, et nous surveillons attentivement le développement des cours de soutien à distance, particulièrement en Chine où les parents financent volontiers le soutien scolaire, mais sont fatigués des heures de transport que cela impose à leur famille », poursuit Gabriel Micheli. La baisse du trafic terrestre, et potentiellement aérien, qui va en découler aura nécessairement un impact sur l’environnement.

Le Covid 19 a eu une autre incidence forte sur nos vies : il a déclenché une crise économique de très grande ampleur, dont la plupart des pays ne sortiront que grâce à des plans de relance massifs. « Tout montre que ces plans prendront les questions environnementales en considération, et que les aides à la reprise pour les entreprises seront conditionnées à un meilleur comportement environnemental », note Gabriel Micheli.

Les sociétés environnementales devraient profiter des plans de relance

Les entreprises qui sont à l’œuvre pour une meilleure efficacité énergétique, pour le traitement des déchets ou la dépollution des eaux, devraient largement profiter de ces plans de relance. Pour autant, la stratégie gérée par Gabriel Micheli n’a pas attendu la crise sanitaire : depuis 2014, Gabriel investit exclusivement dans les entreprises qui mettent en place des solutions moins polluantes, et dans celles dont l’impact environnemental est faible. « Il se trouve que ces sociétés ont souvent un caractère défensif : il faut bien continuer à traiter l’eau et les déchets ! », commente-t-il. Ainsi, les épargnants attentifs à l’environnement ont pu le vérifier : l’investissement à impact, qui vise à sélectionner des entreprises responsables, fait la preuve de sa résistance en temps de crise.

Les points essentiels à retenir

  • La crise sanitaire encourage les prises de conscience environnementales. Le confinement a déclenché un bouleversement des usages et il est probable que les transports terrestres et aériens diminuent fortement au profit des visioconférences.
  • Les plans de relance prendront en compte les questions environnementales.Pour toutes ces raisons, les valeurs liées à la dépollution et à une baisse des émissions de gaz à effet de serre ont moins souffert de la chute des marchés que les autres. L’investissement à impact prend tout son sens.